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Roger Federer s'est confié à une poignée de journalistes avant de partir s'entraîner à Dubaï. Il prendra une décision concernant sa participation à Roland-Garros le 10 mai.

Roger Federer, vous ne jouerez pas de tournoi jusqu'à Roland-Garros. Comment suivrez-vous la saison sur terre battue?

"Encore faut-il que je la suive... Nous partirons pour Dubaï dans les prochains jours avec Pierre (Paganini). A Dubaï, je regarde en général très peu la télévision. Je ne verrai aucune image du tournoi de Monte-Carlo. Je suivrai peut-être plus attentivement ceux de Rome et de Madrid. Mais je ne regarderai certainement pas beaucoup de matches. Pas parce que je n'en ai pas envie, mais parce que j'aurai d'autres choses à faire. Mais je vais m'intéresser aux résultats. Qui perdra beaucoup? Qui gagnera beaucoup?"

Auriez-vous également renoncé à la saison sur terre battue si vous n'aviez pas réalisé un début de saison aussi extraordinaire?

"Si j'avais perdu à chaque fois au 1er tour, j'aurais probablement cherché à jouer plus de matches. Mais à l'interne, nous avions très rapidement pris la décision de disputer au maximum deux tournois sur terre, voire un seul ou même aucun. C'était ça la tendance. En plus, nous avions d'entrée de jeu prévu une phase de préparation physique pendant la saison sur terre battue. C'est le moment idéal, car après Wimbledon, tu n'as que peu de temps pour t'entraîner. Les choses sont simples: mon genou a beaucoup souffert l'an dernier lorsque je jouais sur terre battue. Mes proches ont également constaté que cela m'avait coûté beaucoup d'énergie, énergie qui m'avait manqué par la suite. Je leur ai même dit que je préférerais ne disputer aucun tournoi sur terre. Je serai inspiré et motivé à mon retour, peut-être avec de nouvelles idées. Cela a plutôt bien fonctionné la dernière fois."

Mais est-il certain que vous serez engagé à Roland-Garros (22 mai-11 juin)?

"Nous prendrons une décision définitive le 10 mai, à la fin de mon camp d'entraînement de Dubaï. Nous déciderons alors de passer ou non à la terre battue. Le plus important sera de voir comment je me sens. On ne sait jamais ce qui peut se passer d'ici-là, sur le plan physique ou mental. Pour l'heure, mon intention est de disputer Roland-Garros. Mais la possibilité d'y renoncer existe toujours. Ma pause durerait alors dix semaines, au lieu de sept. Mais une chose est sûre, je ne vais pas jouer juste pour faire de la figuration. Ce n'est pas comme cela qu'on réussit des miracles!"

Et des miracles, vous en avez réalisé. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris depuis votre retour?

"Pratiquement tout m'a surpris! Le fait que mon corps a tout supporté, que j'étais à 100% sur le plan mental à chaque sortie, que j'ai obtenu d'immenses succès et que j'ai évolué au plus haut niveau à chaque match. La seule chose qui ne m'a pas surpris, c'est d'avoir tout de suite retrouvé le plaisir de jouer en compétition."

Si vous disputez Roland-Garros, ce sera sans avoir joué le moindre match sur terre battue. Pourrez-vous objectivement vous montrer ambitieux dans ces conditions?

"Je peux reproduire sur terre battue le tennis offensif que je joue sur dur. Cela fonctionne. Si la météo est sèche à Paris, les conditions de jeu seront rapides, peut-être même plus qu'à Wimbledon. Cela serait très intéressant de voir comment je peux évoluer sur terre battue. De toute façon, le but est de continuer à jouer un tennis offensif afin de ne pas avoir à changer radicalement mon approche du jeu lorsque je jouerai sur gazon. J'ai prouvé en 2009 qu'on pouvait remporter Roland-Garros en pratiquant ce tennis."

Allez-vous redevenir no 1 mondial?

"Ce serait beau! Je fais tout pour être en forme à Wimbledon. Pour le moment, tous les éléments semblent réunis pour que je puisse retrouver cette place de no 1. Mais je renonce à trois Masters 1000 sur terre battue. Et si tu ne joues pas, ce sont les autres qui gagnent. Et tout à coup, tu te retrouves à nouveau distancé au classement. J'aurai en tout cas besoin de gagner un grand titre supplémentaire pour redevenir no 1. Je devrai à nouveau réaliser de grandes choses, que ce soit à Wimbledon, à l'US Open ou au Masters de Londres en novembre. Des places de demi-finaliste ne suffiront pas."

Mais cette place de no 1 vous excite-t-elle toujours?

"Oui, bien sûr! Mais mon principal moteur, ce qui m'excite comme vous dites, c'est de gagner des titres. Et si je brille dans les tournois les plus importants, le classement suivra forcément."

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ATS