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Les ennuis judiciaires se poursuivent pour Nicolas Sarkozy (archives).

Keystone/AP/CLAUDE PARIS

(sda-ats)

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été placé mardi matin en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le financement libyen de la campagne de 2007, selon une source judiciaire. Il était entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre.

Selon Mediapart et Le Monde, qui ont révélé l'information, c'est la première fois que l'ancien chef de l'Etat est entendu dans le cadre de cette affaire depuis l'ouverture d'une information judiciaire en avril 2013. Il était interrogé par les agents de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Contactés par Reuters, les avocats et l'entourage de l'ancien chef de l'Etat n'étaient pas disponibles dans l'immédiat. Sa garde à vue peut durer 48 heures. Il pourrait ensuite être présenté aux magistrats à l'issue de sa garde à vue afin d'être mis en examen.

Les magistrats étudient la piste d'un possible financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans, par la Libye de Mouammar Kadhafi. L'enquête porte sur des chefs de corruption active et passive, trafic d'influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment, complicité et recel de ces infractions.

Guéant déjà mis en examen

M. Sarkozy, qui a quitté le pouvoir en 2012, a toujours formellement démenti les faits allégués notamment par un autre homme de réseaux, le franco-libanais Ziad Takieddine. Selon la même source judiciaire, l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, proche de M. Sarkozy, est également entendu mardi en audition libre. En 2012, le site Mediapart avait rapporté qu'il avait servi d'intermédiaire.

"Un accord 'sur le montant et les modes de versement' aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même", avait écrit Mediapart.

Dans cette affaire, l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée. Les magistrats s'interrogent sur un virement de 500'000 euros perçu par M. Guéant en mars 2008, en provenance d'une société d'un avocat malaisien. Il a toujours expliqué qu'il s'agissait du fruit de la vente de deux tableaux.

Un autre intermédiaire, l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, présenté comme un personnage-clé de l'enquête, a été arrêté en janvier à Londres en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française. Il avait été placé en détention provisoire, puis libéré après le paiement d'une caution avant d'être une nouvelle fois incarcéré fin février. Souffrant de problèmes cardiaques, il est hospitalisé depuis une dizaine de jours à Londres, selon une source proche de l'enquête.

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ATS