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Sur Europe 1, François Hollande semblait impatient d'en découdre avec la droite.

KEYSTONE/AP POOL AFP/MIGUEL MEDINA

(sda-ats)

François Hollande a répété mardi que "ça va mieux pour la France" - même si près de neuf Français sur dix n'y croient pas. Avec des accents de président-candidat, il s'est montré pugnace face aux attaques de ses adversaires de droite comme de gauche.

Interrogé par la radio Europe 1, le chef de l'Etat a estimé qu'il n'y a d'"alternative" crédible à gauche. "Si je ne suis pas... si la gauche n'est pas reconduite, ce sera la droite qui l'emportera ou l'extrême-droite", a-t-il enchaîné dans un lapsus révélateur de son intention de se représenter en 2017.

François Hollande s'en est pris aux candidats de la primaire à droite et aux Républicains qui "disent à peu près tous la même chose: 100 milliards d'économies pour le prochain quinquennat". Ils proposent de "supprimer 350'000 fonctionnaires, alors qu'ils nous disent qu'il ne faut pas toucher à la police, à la justice, à l'armée, et certains à l'éducation", s'est-il insurgé.

"Le risque, c'est qu'ils le fassent, qu'ils détruisent ce que nous avons fait, qu'ils suppriment l'impôt sur la fortune, l'impôt sur les plus favorisés, qu'ils taxent les revenus du capital moins que le revenu", a-t-il averti, visant les programmes d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy.

"Lisez ce qui est proposé!", a-t-il enjoint aux Français comme s'il était impatient d'en découdre. Pour autant, François Hollande a réaffirmé qu'il se déterminerait "en décembre".

Un bilan à défendre

Une nouvelle fois, il s'est évertué à défendre son bilan: "Ca va effectivement mieux pour la France. Ce n'est pas un propos de circonstance, ou de campagne. C'est une réalité" même si cela ne signifie par pour autant que "tout va bien".

Le chef de l'Etat a fait valoir le redressement des indicateurs économiques: la croissance qui "va mieux", les déficits publics à 3,5% en 2015 et qui seront "à moins de 3% en 2017", l'"investissement qui repart", la compétitivité de l'économie, les "créations nettes d'emplois" ou la "progression du pouvoir d'achat".

Au passage, il a de nouveau recadré Emmanuel Macron, qui serait tenté par une aventure présidentielle en 2017. Le ministre de l'Economie qui a créé son propre mouvement, "En Marche !", a bien "le droit" de développer ses idées mais comme "tout ministre", en respectant la "solidarité gouvernementale", a-t-il martelé.

Dans les traces de Schröder

Sur le fond, le président Hollande s'est posé, sans "se comparer", en digne héritier de l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder qui avait réformé de fond en comble le marché du travail au tournant des années 2002 et 2003 avant d'être battu d'une courte tête par Angela Merkel.

"Je préfère qu'on garde de moi l'image d'un président de la République qui a fait des réformes, même impopulaires, plutôt que d'un président qui n'aurait rien fait", a-t-il affirmé.

Et alors que débute une nouvelle semaine de grèves et de manifestations, notamment contre le projet de loi Travail, il a assuré qu'il ne "céderai(t) pas" sur ce texte. "Il y a eu trop de gouvernements (...) qui ont cédé, d'où l'état du pays que j'ai trouvé en 2012", a-t-il expliqué.

Social-démocratie à la française

Le président l'assure désormais: il entend conduire "les Français vers une forme de social-démocratie à la française où l'Etat aura toute sa place et où les partenaires sociaux pourront jouer tout leur rôle".

Des baisses d'impôts pour les ménages? "Oui, à la condition que nous ayons des marges de manoeuvre. Nous verrons à l'été", a-t-il promis une nouvelle fois. Il s'est toutefois défendu de "multiplier les cadeaux" aux agriculteurs, aux fonctionnaires ou aux forces de sécurité.

Interrogé sur le chômage dont il a fait du recul la condition d'une nouvelle candidature, M. Hollande a reconnu qu'il "serait téméraire et prétentieux" d'être en mesure de le réduire "massivement". "La bataille n'est pas gagnée", "je me bats tous les jours", a-t-il insisté.

Le message peine toutefois à passer. Selon un sondage publié lundi, 86% des Français jugent que ça ne va pas mieux pour la France même si une courte majorité d'entre eux estiment que "ça va mieux" pour eux-mêmes.

ATS