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Alexandre Benalla, à droite, accusé de violences lors d'une manifestation le 1er Mai (archives).

KEYSTONE/AP Nicolas Lescaut

(sda-ats)

Le Parquet de Paris a placé vendredi Alexandre Benalla en garde à vue. L'Elysée a pour sa part ouvert une procédure de licenciement contre son collaborateur accusé d'avoir frappé un manifestant lors d'une manifestation le 1er Mai dernier.

Alexandre Benalla a été placé en garde à vue dans la matinée. Le Parquet l'accuse de faits de violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public, d'usurpation de fonctions, de port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique et de complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection, a-t-on appris de source judiciaire.

La présidence française a de plus annoncé son prochain licenciement. Parallèlement, trois policiers, dont des hauts-gradés, ont été suspendus pour avoir transmis des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla, ce que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a "lourdement" condamné.

Enquêtes multiples

Vincent Crase, un gendarme réserviste qui était avec Alexandre Benalla lors des incidents du 1er Mai, a lui aussi été placé en garde à vue pour des faits semblables. Jeudi, ont été lancées simultanément une enquête préliminaire de la justice, une autre administrative par la police des polices et une dernière par l'Assemblée nationale.

La polémique ne cesse d'enfler depuis mercredi soir et la révélation de l'affaire par le quotidien Le Monde, qui publie vendredi de nouvelles révélations: Benalla disposait ainsi, selon le quotidien, d'un "prestigieux logement de fonction", dans un quartier chic de Paris, ainsi que d'une voiture avec chauffeur.

Au courant dès le lendemain

L'Elysée a été mis au courant dès le lendemain des agissements d'Alexandre Benalla. Le chargé de mission a été suspendu en mai sans salaire pendant deux semaines, soit la sanction "la plus grave" pour un chargé de mission à l'Elysée, s'est défendu jeudi le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit.

M. Benalla est aujourd'hui adjoint au chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch, et dispose d'un bureau à l'Elysée. Il avait été autorisé à assister au sein du dispositif policier au maintien de l'ordre ce jour-là, mais en tant que simple observateur..

Une nouvelle vidéo, diffusée vendredi, le montre avec encore plus de détails, casque de policier sur la tête, molestant une jeune femme puis un jeune homme le 1er Mai. Mais la justice n'a été saisie qu'une fois la première vidéo des violences mises en ligne mercredi par Le Monde. Ce, alors que"tout officier public ou fonctionnaire" est obligé de dénoncer à la justice des faits délictuels.

La plus grave crise

L'affaire risque de dégénérer en scandale d'Etat et d'emporter la promesse d'une "République exemplaire" faite par Emmanuel Macron, dont le silence est assourdissant. C'est "la plus grave crise à laquelle Emmanuel Macron est confronté depuis le début de son quinquennat", en 2017, estime Le Parisien.

Le flot roulant de critiques, de part et d'autre de l'échiquier politique, ne se tarit pas. Des députés ont accusé vendredi le ministre de l'Intérieur de "mensonges", après de nouvelles informations de presse laissant entendre que M. Collomb était au courant des violences de M. Benalla.

Pour le numéro un des députés LR (opposition de droite), Christian Jacob, "c'est le coeur de l'Etat qui est atteint". "C'est une affaire d'Etat incontestablement et maintenant il faut aller jusqu'au bout", a renchéri Eric Coquerel, député LFI (gauche radicale). Le président Macron "devrait faire attention, on n'est pas au-dessus de la République", a-t-il averti.

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ATS