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Tout en clamant son innocence, Bruno Le Roux a démissionné afin de "préserver totalement l'action gouvernementale" (archives).

KEYSTONE/EPA/IAN LANGSDON

(sda-ats)

Le ministre français de l'intérieur Bruno Le Roux a présenté mardi sa démission au président François Hollande. Il tire les conséquences des révélations sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée nationale, qui jettent le doute sur la réalité du travail effectué.

M. Le Roux est remplacé par Matthias Fekl, jusqu'ici secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, annonce l'Elysée dans un communiqué. "J'affirme mon honnêteté", a souligné Bruno Le Roux lors d'une déclaration en fin de journée à la préfecture de Bobigny.

"Ces contrats (...) correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés", a-t-il dit. Mais "je ne veux à aucun prix que ce débat fait d'amalgames puisse porter atteinte au travail du gouvernement", a-t-il poursuivi.

"Ma responsabilité est aussi de préserver totalement l'action gouvernementale, c'est pourquoi j'ai adressé au président de la République ma démission", a-t-il ajouté. L'ex-chef de file des députés socialistes a confirmé avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices lorsqu'elles étaient lycéennes, puis étudiantes.

Pas d'instrumentalisation de la justice

Il a nié tout "amalgame" avec l'affaire François Fillon, qui a conduit à la mise en examen du candidat Les Républicains à l'élection présidentielle. A 33 jours du premier tour de l'élection présidentielle, le gouvernement a voulu éviter de prêter le flanc aux accusations d'instrumentalisation de la justice brandies par François Fillon.

Le Parquet national financier (PNF) a agi avec une célérité plus grande encore dans le cas de Bruno Le Roux, en annonçant dès mardi en début d'après-midi l'ouverture d'une enquête préliminaire visant le ministre de l'Intérieur. L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.

Elle vise des faits révélés lundi soir par l'émission "Quotidien", sur la chaîne de télévision TMC. Les filles de Bruno Le Roux, âgées aujourd'hui de 23 et 20 ans, auraient cumulé respectivement 14 et 10 contrats à durée déterminée (CDD) effectués pendant les vacances scolaires, entre 2009 et 2016.

"Emplois d'été"

Lors de deux contrats spécifiques, l'aînée était en même temps en stage à plein temps chez Yves Rocher, en Belgique, et la benjamine en cours en classe préparatoire à Paris. Bruno Le Roux a admis avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires pour des "emplois d'été".

M. Le Roux est le troisième ministre de François Hollande contraint de démissionner dans ce type de conditions. L'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale, a dû partir il y a quatre ans, et l'ex-secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Thomas Thévenoud, lui aussi en délicatesse avec le fisc, en septembre 2014.

ATS

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