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La sauvegarde ou l'extinction programmée de la tradition des combats de coqs, toujours vivante dans certaines régions françaises, a été examinée mardi par le Conseil constitutionnel. Il a reporté sa décision au 31 juillet.

Le Conseil avait été saisi par l'avocate de deux habitants de la Réunion, île française de l'Océan indien. Ils sont poursuivis en justice pour avoir ouvert mi-2012 un nouveau lieu de combats de coqs dans leur quartier, alors qu'une loi interdit l'ouverture de nouveaux gallodromes.

Le code pénal français, qui réprime les sévices et actes de cruauté envers les animaux, fait une exception pour les courses de taureaux et les combats de coqs "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée". Une loi de juillet 1964 condamne toutefois "toute création d'un nouveau gallodrome" alors qu'elle ne dit rien de la construction de nouvelles arènes.

Pour l'avocate des deux Réunionnais, Fabienne Lefèvre, cette interdiction partielle porte "atteinte au principe d'égalité devant la loi" en instaurant une "différence de traitement entre les deux traditions". Elle a en conséquence demandé aux sages l'abrogation de cette disposition.

Organisation controversée

Pour le représentant du gouvernement, au contraire, l'interdiction des nouveaux gallodromes trouve sa justification dans la volonté du législateur d'instaurer une exception culturelle "momentanée" pour les combats de coqs. Elle vaudra tant qu'ils subsisteront dans les régions où ils sont déjà implantés, mais "doit déboucher à terme sur l'extinction de cette pratique".

La pratique des combats de coqs qui remonterait à l'Antiquité s'est répandue au cours des siècles sur tous les continents où elle sert souvent de support de paris. Sélectionnés pour leur combativité par des éleveurs ou coqueleux, les animaux s'affrontent au centre d'un espace circulaire dans une salle appelée gallodrome.

Mais l'organisation de ces combats est devenue très controversée avec le temps en raison notamment des mutilations ou de la mort des animaux. Leurs ergots sont parfois rabotés et remplacés par une lame ou une pointe métallique.

Tradition bien ancrée

La majorité des pays occidentaux condamnent désormais cette pratique. Elle est encore très prisée dans certaines régions, dont l'Asie du Sud-Est ou l'Amérique du Sud.

En France, ces combats ne sont autorisés que dans certaines localités où la tradition est ancrée. C'est le cas dans le nord du pays, où l'on compte plus d'un millier de coqueleurs et une cinquantaine de gallodromes, ainsi qu'à la Réunion, en Guyane, aux Antilles et en Polynésie.

ATS