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Les malfaiteurs avaient dérobé en 1976 46 millions de francs français dans la salle des coffres, en passant par les égouts. L'équivalent aujourd'hui de 33,3 millions de francs suisses (image d'illustration).

Keystone/AP/THOMAS KIENZLE

(sda-ats)

Plus de 40 ans après l'attaque d'une banque sur la Riviera française, restée comme le "casse du siècle", une figure du banditisme marseillais comparaît depuis ce lundi à Marseille: Jacques Cassandri s'est trahi dans un livre en se proclamant "cerveau" de l'opération.

Le septuagénaire qui comparaît libre, visage rond et lunettes rectangulaires, a écouté avec attention la juge décliner la dizaine de délits qui lui sont reprochés, d'une escroquerie en bande organisée à des abus de biens sociaux. Onze autres prévenus, dont les deux enfants de Jacques Cassandri, sont jugés à ses côtés.

Mais l'incrimination pour laquelle le dossier, jugé jusqu'à vendredi devant le tribunal correctionnel de Marseille, sort du commun, est le blanchiment aggravé du butin du casse de la banque Société générale à Nice, en 1976.

Une équipe de malfaiteurs avait dérobé 46 millions de francs français dans la salle des coffres, en passant par les égouts. L'équivalent aujourd'hui, en tenant compte de l'érosion monétaire due à l'inflation, de quelque 29 millions d'euros (33,3 millions de francs suisses).

Butin jamais retrouvé

Les faits sont prescrits; le butin, l'un des plus élevés dérobés au XXe siècle, n'a jamais été retrouvé... mais le blanchiment des fonds peut encore être jugé.

Jacques Cassandri, déjà condamné pour trafic de drogue, proxénétisme ou extorsion, aurait utilisé le butin pour financer sa carrière criminelle, et ses multiples investissements, parfois via ses enfants: appartements, discothèque à Marseille, terrains, etc.

C'est in extremis que la justice a pu rattraper l'homme de 73 ans, après la parution d'un livre dans lequel il s'autoproclame cerveau du spectaculaire vol, reléguant le célèbre Albert Spaggiari au rang de second rôle.

Le livre est écrit en 2010 sous pseudonyme, mais Jacques Cassandri s'est abondamment vanté devant ses proches d'en être l'auteur. Il a fini par le reconnaître également devant le juge d'instruction. "Ce livre est un roman, un roman n'est pas une source de preuve", a justifié son avocat avant l'ouverture de l'audience. Les faits de blanchiment qui lui sont reprochés sont "une construction, une vue de l'esprit", soutient-il.

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ATS