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"Et qui décidera de la vérité?", s'inquiète Jean-Luc Mélenchon à propos du projet de loi sur les fausses nouvelles (archives).

KEYSTONE/AP/DAVID VINCENT

(sda-ats)

L'annonce par le président français Emmanuel Macron d'un projet de loi pour endiguer la propagation de fausses informations provoque un tir de barrage d'une partie de la classe politique française. Elle est aussi accueillie avec perplexité par des experts.

"Avec l'annonce d'une loi contre les fake news, Emmanuel Macron commet un faux pas qui peut nous entraîner très loin, beaucoup trop loin", a déclaré dans un communiqué le chef du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau.

"En démocratie, mieux vaut une information erronée qu'une information étatisée", a-t-il ajouté en jugeant la législation actuelle suffisante. "Seuls les régimes autoritaires prétendent au contrôle de la vérité. On sait ce qu'il peut en coûter."

Pour la présidente du Front national, Marine Le Pen, ce projet de loi est "très inquiétant". "Contrôle de la parole libre sur internet, judiciarisation supplémentaire de la société: la France est-elle toujours une démocratie si elle musèle ses citoyens?", a-t-elle demandé sur Twitter.

Auto-régulation et coopération

A l'autre extrémité de l'échiquier politique, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, s'est insurgé sur son blog contre "le risque d’une législation liberticide". "La punition de la diffusion des fausses nouvelles est déjà prévue par la loi. Que faudrait-il ajouter à ce sujet? Et qui décidera de la vérité?", a-t-il ajouté.

Les grandes plates-formes comme Facebook ou Google ont prudemment refusé de commenter les annonces d'Emmanuel Macron. Mais elles ont insisté sur leurs efforts d'auto-régulation ou de coopération avec les médias pour lutter contre les "fake news".

"Toute régulation doit être réfléchie en coopération avec le secteur", a déclaré Christelle Coslin, avocate spécialisée dans la législation d'internet. "Donner le pouvoir aux juges si ce n’est pas techniquement faisable, ce n'est pas forcément garant d’une régulation efficace."

Elle souligne qu'une loi de 1881 sur la propagation de fausses nouvelles existe, mais qu'elle n'est pas utilisée à ce stade pour réprimer les abus sur les réseaux sociaux. "A mon avis, il est plus utile et efficace de réfléchir en coopération avec les acteurs internet, ce n’est pas sûr que la loi soit le meilleur outil", a-t-elle ajouté.

En Allemagne, la législation contre les discours haineux entrée en vigueur le 1er janvier suscite aussi des critiques. Le journal allemand à grand tirage Bild a dénoncé jeudi cette législation qu'il juge liberticide.

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ATS