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En Guadeloupe, l'abstention avait dépassé les 70% lors du premier tour (archives).

KEYSTONE/AP/Dominique Chomereau-Lamotte

(sda-ats)

Le vote pour le second tour des législatives françaises a débuté samedi en Outre-Mer. Le vote devrait déboucher sur une majorité écrasante pour le président Emmanuel Macron et confirmer le désir de renouveau du paysage politique malgré une abstention très élevée.

Si le scrutin ne se déroule que dimanche en France métropolitaine, il a eu lieu dès samedi dans une partie des territoires ultramarins ainsi que dans les deux circonscriptions des Français de l'étranger situées dans les Amériques.

Fuseau horaire oblige, ce sont, comme d'habitude, les quelque 5000 inscrits de Saint-Pierre et Miquelon, qui ont ouvert le bal à 08h00 locales (12h00 suisses). Le résultat y sera suivi de près car la ministre des Outre-Mer Annick Girardin est en ballottage incertain.

C'est la seule des six ministres candidats qui, au vu des résultats du premier tour, n'est pas assurée de gagner et pourrait donc perdre sa place au gouvernement en cas de défaite.

"Joué d'avance"

Signe de l'enjeu, la participation y était à 12h00 locales nettement en hausse par rapport à la semaine dernière (33,05% contre 25,19%). "Là, c'est du sérieux", a commenté Alfred à Saint-Pierre. Ont suivi ensuite la Guyane et les Antilles avant, dans la soirée, la Polynésie française.

Aux Antilles et en Guyane, la participation, faible, était également en hausse à la mi-journée mais moindre qu'en 2012. Au second tour, "c'est plus facile de choisir parce qu'il y a moins de candidats", a témoigné Odile, électrice au Gosier (Guadeloupe).

A l'école de Poucet au Gosier, Jeanne, 60 ans, est venue voter "par devoir", mais regrette que cette élection soit "jouée d'avance". "Je ne vois pas l'intérêt, mais je fais honneur à mes grands-parents qui se sont battus pour obtenir le droit de vote", a-t-elle ajouté.

Plus de 400 sièges pour REM

Après le succès dimanche dernier de son mouvement La République en Marche (REM), le président Macron attend en effet "une confirmation" qui lui permettrait de mettre en oeuvre son programme: assouplissement du Code du travail, moralisation de la vie politique et loi antiterroriste censée prendre le relais de l'état d'urgence, en vigueur en France depuis les attentats de novembre 2015.

Allié aux centristes du MoDem, son parti pourrait ravir 400 à 470 sièges sur 577, selon les projections des instituts de sondage. Soit l'une des majorités les plus imposantes de la cinquième République.

Au premier tour, la formation créée il y a un an à peine avait rassemblé 32,3% des suffrages exprimés, loin devant le parti Les Républicains et ses alliés de l'UDI à 21,5%, la France insoumise (13,7%), le Front national (13,2%) et le Parti socialiste (9,5%).

Une seule triangulaire

Au total, 1146 candidats, dont 40% de femmes, s'affrontent dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l'un des 573 sièges de députés encore en jeu pour un mandat de cinq ans.

Dans la circonscription Suisse/Liechtenstein, le second tour mettra aux prises le candidat REM Joachim Son-Forget et la députée LR sortante Claudine Schmid. Au premier tour, le candidat macroniste était arrivé largement en tête avec 63,55% des voix, contre 15,75% pour sa rivale de droite. Mais il n'avait pas été élu en raison de la très faible participation.

Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de l'abstention qui pourrait atteindre 53% à 54% dimanche, selon les dernières enquêtes, soit une dizaine de points de plus qu'en 2012.

Possible correctif

Seule l'ampleur de la vague macroniste reste incertaine. "Il peut y avoir un correctif entre les deux tours, que les électeurs se disent qu'une fois que la majorité semble acquise pour Emmanuel Macron, ce n'est pas la peine d'en faire trop", tempère Emmanuel Rivière de Kantar Sofres.

Selon un sondage Elabe diffusé jeudi, six Français sur dix (61%) souhaitent en effet que le second tour "rectifie le premier avec une majorité moins importante qu'attendue".

L'entre-deux-tours a également été marqué par l'agression dont a été victime jeudi l'ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet sur un marché parisien. Un suspect s'est présenté aux enquêteurs et a été placé en garde à vue samedi matin, a-t-on appris de source judiciaire.

ATS