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La décision de François Fillon de se maintenir dans la course à la présidentielle suscite de multiples défections au sein de son parti (archives).

KEYSTONE/EPA/YOAN VALAT

(sda-ats)

Une perquisition a eu lieu jeudi au domicile parisien de François Fillon, qui va être inculpé dans une affaire d'emplois fictifs présumés. Le candidat conservateur à la présidentielle française semble de plus en plus isolé face aux défections dans son camp.

Ancien favori de la présidentielle, M. Fillon a reculé en troisième position dans les sondages après le scandale suscité par les salaires d'assistants parlementaires touchés par son épouse Penelope et deux de ses enfants, pour des montants représentant des centaines de milliers d'euros d'argent public. Ces salaires sont soupçonnés d'avoir en fait correspondu à des emplois fictifs.

Mercredi, le candidat de la droite, qui doit fêter samedi ses 63 ans, a annoncé sa convocation chez les juges le 15 mars "pour être mis en examen" (inculpé). Il a dénoncé un "assassinat politique" et réaffirmé dans le même souffle sa volonté d'aller "jusqu'au bout".

Multiples défections

Mais son maintien suscite de multiples défections au sein de son parti. Une quinzaine d'élus locaux de son camp lui ont demandé "solennellement" de se retirer. Ils jugent dans une tribune qu'"un pacte moral a été rompu".

D'autres figures de droite qui avaient soutenu l'ex-premier ministre Alain Juppé lors de la primaire de la droite, finalement remportée par M. Fillon, ont décidé de le lâcher dans l'espoir de le remplacer par leur champion. C'est notamment le cas de Gilles Boyer. Directeur de la campagne d'Alain Juppé durant la campagne pour la primaire de novembre 2016, il a fait savoir sur Twitter qu'il démissionnait de son poste de trésorier de la campagne de François Fillon.

Lors d'une réunion de l'état-major de campagne jeudi matin au QG, le président du Sénat Gérard Larcher, compagnon de longue date de François Fillon, et le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, autre "filloniste", étaient par ailleurs absents. Tous deux avaient appelé mercredi le candidat à se retirer.

En s'accrochant, François Fillon "emporte son camp dans une course vers l'abîme", a critiqué jeudi l'ex-premier ministre de droite Dominique de Villepin.

Manifestation de soutien prévue

"La base, elle, tient", a réagi jeudi l'intéressé, reparti sur le terrain dans le sud de la France dans l'espoir de relancer sa campagne. Alors que sa garde rapprochée a prévu un grand rassemblement de soutien dimanche à Paris, un Français sur quatre seulement approuve sa décision de rester candidat, selon un sondage publié jeudi.

Le président français François Hollande a, lui, mis en garde contre la tenue d'une manifestation "mettant en cause la justice". Et d'ajouter: "j'appelle maintenant à la responsabilité parce que ce n'est plus acceptable".

Juppé "techniquement prêt"

Lors d'une matinée aux allures de psychodrame, l'hypothèse d'une candidature de substitution d'Alain Juppé a été retenue, avant que Nicolas Sarkozy ne s'y oppose, selon plusieurs sources au fait des discussions.

"Alain Juppé est techniquement prêt à y aller", précise-t-on dans l'entourage du maire de Bordeaux, "qui n'entend pas s'exprimer dans la situation actuelle". "Si l'appel à sa candidature est unanime, il le considérera", ajoute-t-on.

"La vérité, c'est que la 'Sarkozie' est contre lui", souligne un proche du premier cercle. "Alain Juppé le sait, Nicolas Sarkozy fera tout pour l'empêcher".

ATS

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