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Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi un ancien physicien franco-algérien du CERN à cinq ans de prison, dont un an avec sursis. Le scientifique a été reconnu coupable d'avoir échangé des courriels équivoques, dont certains mentionnaient de possibles attentats, avec un responsable présumé d'Al-Qaïda.

La défense avait plaidé la relaxe car le physicien de 35 ans se dit victime d'un délit d'opinion. L'homme n'a jamais bougé de son siège et de son écran d'ordinateur et n'a jamais rencontré physiquement son interlocuteur islamiste.

Me Patrick Baudoin, avocat du condamné, a qualifié le jugement d'injustice révoltante. "Ce jugement est parfaitement abusif. On peut parler, et c'est très dangereux pour les libertés, d'une accusation de pré-terrorisme", a-t-il déclaré. Il n'était toutefois pas en mesure de dire de suite s'il allait faire appel.

Phase de turbulences

Le Franco-Algérien sortirait très prochainement de prison s'il acceptait la sentence, au bénéfice des remises de peine automatiques, puisqu'il a déjà purgé plus de deux ans et demi de détention, depuis octobre 2009.

"Je ne conteste pas le fait que je sois passé par une phase de turbulences, j'ai fait amende honorable, je ne peux rien dire de plus", s'était défendu l'accusé lors de son procès les 29 et 30 mars. Il avait mis ces mails "tangents" sur le compte de son "état de santé physique et psychologique" de l'époque, alors qu'il était en arrêt-maladie pour une hernie discale.

Police critiquée

Lors de ce procès, le chercheur avait également épinglé à plusieurs reprises des méthodes policières "malhonnêtes" et les "inexactitudes" de l'enquête menée par les juges antiterroristes.

Le 8 octobre 2009, il avait été interpellé à Vienne (est de la France) chez ses parents, mis en examen et écroué pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Le coeur de l'accusation repose sur 35 courriels échangés entre le physicien et un responsable supposé d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

ATS