Fribourg a mal à ses communes. Le canton affronte depuis le début de la législature en 2017 des démissions en cascade, plus de 160 dans les exécutifs et plus de 120 dans les législatifs. Des mesures de soutien sont prévues.

Les chiffres divulgués mercredi devant la presse à Fribourg ont de quoi donner le tournis. Rien que cette année, quelque 160 démissions ont été dénombrées entre les conseils communaux et les conseils généraux, selon les chiffres du Service des communes. "Il faut soigner la base de notre démocratie", a insisté Didier Castella.

Le conseiller d'Etat, en charge des institutions, a décidé il y a un an de prendre le problème à bras-le-corps. "Le statut de l'élu est dévalorisé par rapport à une certaine époque, on lui fait souvent porter le chapeau", a avancé Gérald Mutrux, chef du Service des communes, pour qui le phénomène des démissions s'amplifie.

Catalogue de mesures

Face à l'hémorragie, Didier Castella veut offrir un catalogue de prestations pour soutenir les communes, avec cinq axes d'action. "Sans toucher à leur autonomie", a précisé le magistrat libéral-radical. Au total, le canton de Fribourg compte 937 postes de conseillers communaux et 923 de conseillers généraux.

Depuis 2017, 17% des membres des exécutifs ont démissionné et 13% des membres des législatifs. Dans la commune de Marsens, près de 2000 habitants, en Gruyère, pas moins de 7 conseillers communaux sur 9 ont abandonné leur poste, a relevé Patrice Borcard, préfet du district. Gruyère et Broye sont d'ailleurs particulièrement touchées.

"Il y a désormais un décalage entre les notions d'estime et de respect", a indiqué Dominique Butty, président de l'Association des communes fribourgeoises (ACF). "On sent la complexité croissante de la charge de travail, notamment dans les domaines de l'aménagement du territoire et des écoles", a détaillé le syndic de Romont.

Cinq volets

Le catalogue de mesures compte cinq volets. Le premier a trait à la mise en place d'un mentorat sur une base volontaire, a expliqué Micheline Guerry-Berchier, secrétaire générale de l'ACF. Une liste de personnes expérimentées est proposée, avec la connaissance de la vie politique fribourgeoise, un réseau et des qualités humaines.

En deuxième lieu, il s'agit d'offrir une formation aux élus, axée sur la gouvernance, a-t-elle complété, via entre autres la réalisation d'une vidéo. Elle sera instituée en partenariat avec l'Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP) et la Commission romande de politique locale (la CROPOL).

Le troisième point vise à valoriser la fonction d'élu communal. "Les modes de vie ont changé, les gens ont moins de temps, l'engagement pour une commune n'est plus nécessairement bien vu dans son entreprise", a énuméré Didier Castella. "Sans oublier les défis posés par la mobilité et le développement des loisirs."

Evolution sociologique

"L'individualisation de la société fait qu'on peine de plus en plus à supporter la contradiction", a encore noté le conseiller d'Etat. De plus, l'essor des réseaux sociaux introduit une pression inédite à ses yeux. Une situation d'ensemble qui demande un renforcement des administrations communales, en guise de quatrième chapitre.

Enfin, le canton veut approfondir sa connaissance statistique du phénomène de désamour pour les fonctions électives communales. Un questionnaire a été élaboré avec la Conférence des préfets, afin de cerner les motifs de démissions. La forte croissance démographique des dernières décennies a aussi pesé sur le contexte récent.

Le développement de nouveaux quartiers dans certains villages a modifié considérablement la sociologie des habitants. "Fini le temps où tous les élus étaient PDC", a ironisé Dominique Butty. "Le défi est d'ampleur, surtout dans un environnement qui voit les citoyens devenir de plus en plus exigeants", a conclu Didier Castella.

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