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L'initiative du PDC visant à exonérer les allocations familiales d'impôts n'est pas le bon moyen pour aider les familles. Sans proposer de meilleure solution consensuelle, un front de parlementaires fédéraux issus de tous les partis sauf l'UDC a dénoncé jeudi un cadeau fiscal injuste.

Le texte part d'une bonne intention, ont reconnu ses détracteurs à Berne. Mais il rate le coche en n'aidant pas les familles modestes, lancera un 1 milliard de francs de manque à gagner et aura des conséquences négatives pour la grande majorité des parents.

A l'échelon fédéral, seule les familles aisées ou de la classe moyenne supérieure bénéficieraient de l'exonération alors qu'elles n'en ont pas besoin. L'effet serait tout aussi injuste à l'échelon cantonal et communal puisque les plus riches verront leur note d'impôt baisser le plus fortement.

De 314 à 2478 francs d'économie

A Lausanne, un ménage de deux parents avec deux enfants disposant d'environ 20'000 francs par mois de revenu brut aurait droit à une réduction de 2478 francs. L'économie serait de 1372 francs pour un revenu de 9'600 francs et elle se réduirait à 314 francs pour un salaire de 4'000 francs.

"Cela reviendrait à offrir une semaine de vacances aux familles aisées et deux soirées cinéma aux familles modestes", a estimé la conseillère nationale Rebecca Ruiz (PS/VD). Les ménages pauvres seront doublement pénalisés parce que le manque à gagner fiscal devra être compensé par des mesures d'économies, dans les subsides aux assurances maladie ou les subventions aux crèches.

Les cantons ne peuvent pas se permettre de nouvelles pertes fiscales, a argumenté le conseiller national Bernhard Guhl (PBD/AG). Vingt d'entre eux ont présenté l'automne dernier des programmes d'économies pour cette année.

Impact du franc fort

La conjoncture risque de se détériorer encore avec la décision de la Banque nationale d'abandonner le taux plancher du franc par rapport à l'euro. Un "oui" à l'initiative du PDC pourrait aggraver la situation dans de nombreux cantons et entraîner un abandon de tâches ou des hausses d'impôts, a ajouté le PBD.

Il existe déjà des soutiens ciblés aux familles comme les déductions pour enfant, pour la garde extrafamiliale, pour les primes d'assurance par enfant et via des tarifs sociaux des crèches, a rappelé le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR/GE). L'accueil continu à l'école a été plébiscité par les Genevois.

D'autres mesures sont nécessaires pour améliorer la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, ont relevé plusieurs orateurs. Des congés paternité et parentaux ou encore la promotion des temps partiels, a cité la conseillère nationale Aline Trede (Verts/BE). Moins de bureaucratie pour les crèches et l'imposition individuelle, a complété Andrea Caroni (PLR/AR).

Un consensus de ces partis autour d'un projet concret pour aider les familles n'existe toutefois pas.

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ATS