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La ministre canadienne Catherine McKenna (ici avec son homologue italien Gian Luca Galletti) s'est engagée à travailler sur le climat "avec tous les acteurs" en particulier non-étatiques qui le souhaitent, en référence aux villes et Etats américains opposés à la décision de Donald Trump.

KEYSTONE/AP ANSA/GIORGIO BENVENUTI

(sda-ats)

Les Etats-Unis ont confirmé lundi leur cavalier seul sur le climat. Ils ont refusé de s'associer à un texte signé par les six autres pays du G7 qui réaffirme "l'irréversibilité" de l'accord de Paris et qui prévoit de financer le développement durable.

Les ministres de l'Environnement du G7, réunis dimanche et lundi à Bologne, ont signé une déclaration commune dans laquelle ils réaffirment, à l'exception des Etats-Unis, leur engagement à appliquer l'accord de Paris, destiné à protéger le climat en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

L'administrateur de l'Agence américaine de protection de l'environnement, Scott Pruitt, s'est désolidarisé de cette partie du texte, conformément à la décision du président Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris.

"Priorités nationales"

"Les Etats-Unis continueront à s'impliquer avec leurs principaux partenaires internationaux mais de manière à être cohérents avec nos priorités nationales, tout en préservant une économie forte et un environnement sain", a-t-il précisé dans un communiqué.

"Nous reprenons le dialogue (avec les pays du G7) pour dire que Paris n'est pas le seul moyen d'aller de l'avant et de progresser" sur le climat, a ajouté M. Pruitt.

Ce n'est guère l'opinion des six autres pays du G7 et de l'Union européenne, qui ont au contraire tenu à réaffirmer avec force leur volonté d'appliquer dans sa totalité l'accord de Paris.

Lundi, la directrice exécutive internationale de Greenpeace, Jennifer Morgan, a ainsi salué le "leadership" du "G6", appelant la France, l'Allemagne, le Japon, l'Italie, la Grande Bretagne et le Canada à concrétiser leurs ambitions à l'occasion du sommet du G20 en Allemagne en juillet.

Pas une catastrophe, selon Hulot

La décision américaine, si elle pose problème notamment au niveau des financements promis aux pays les plus affectés par le réchauffement climatique, n'est pas néanmoins une catastrophe, a jugé le ministre français de l'Environnement, Nicolas Hulot.

Washington collabore sur d'autres sujets et la transition énergétique vers une "économie bas carbone" est de toutes façons elle aussi "irréversible", a-t-il expliqué.

Dans ce contexte, que les Chinois ont bien compris en investissant massivement dans les énergies renouvelables, la France compte même accélérer dans la lutte contre le réchauffement climatique, a encore dit M. Hulot. "Nous allons probablement rehausser nos propres objectifs de réduction d'émissions de gaz. En tout cas les accélérer dans le calendrier", a-t-il ainsi déclaré lundi devant la presse.

"Le secteur privé, les grandes entreprises, y compris aux Etats-Unis, nous disent qu'ils soutiennent une action. Il y a un nombre considérable de nouveaux emplois dans l'économie renouvelable et verte, il y a beaucoup d'argent à gagner, bien plus que dans les carburants fossiles", a jugé sur ce point Erik Solheim, chef du programme environnemental de l'ONU.

Unité brisée

La question du climat a brisé fin mai l'unité du G7 pour la première fois de son histoire lors du sommet des dirigeants à Taormina, avec un Donald Trump résolu à jouer sa propre partition. Il était représenté dimanche à Bologne par M. Pruitt, qui n'a fait aucune déclaration publique.

Selon Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, il a assuré à l'ouverture des débats que Washington avait l'intention de continuer à lutter contre le réchauffement. "Il a également dit qu'il voulait discuter avec le secrétariat sur les changements climatiques", a-t-elle ajouté.

La défense du climat peut cependant passer au-dessus des gouvernements. Ainsi, la ministre canadienne Catherine McKenna s'est engagée dimanche matin à travailler "avec tous les acteurs" en particulier non-étatiques qui le souhaitent, en référence aux villes et Etats américains opposés à la décision de M. Trump. L'Allemagne et la Californie étaient convenues samedi d'oeuvrer ensemble pour maintenir les objectifs de l'accord de Paris.

ATS

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