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Marina, la jeune fille de 16 ans qui vit avec une balle dans la tête, a trouvé la force de ne pas mourir grâce à ses amis et ses proches. "Je ne pouvais pas les abandonner", a-t-elle déclaré lundi devant le Tribunal criminel de Genève, au procès de son agresseur.

"Même dans le coma, j'ai su qu'ils étaient là", a-t-elle poursuivi en parlant de son cercle d'intimes. L'adolescente ne s'est pas beaucoup exprimée. Son père l'a fait à sa place, racontant comment son existence et celle de sa fille ont été bouleversées par ce drame survenu en octobre 2010 à Lancy (GE).

La jeune fille doit dorénavant faire attention aux changements d'altitude brusques. Certains sons inaudibles peuvent aussi entrer en résonance avec la balle logée dans son crâne et lui causer des migraines. Elle doit bien entendu éviter toute chute.

"Je demande pardon"

L'homme qui est à l'origine de ce malheur est âgé de 30 ans. Il est accusé de tentative d'assassinat, subsidiairement de mise en danger de la vie d'autrui et de lésions corporelles graves. "J'ai tellement honte de ce que j'ai fait, je demande pardon du fond du coeur", a-t-il déclaré lors de son interrogatoire.

Le prévenu a affirmé devant ses juges qu'il ne voulait pas tuer lorsqu'il a tiré. "J'étais comme envoûté, possédé, jamais je n'avais atteint un tel degré de folie". Il n'a pas su expliquer clairement pourquoi il avait fait feu sur un groupe d'adolescents dans un préau d'une école de Lancy (GE) un dimanche après-midi.

"Envies de meurtre"

L'accusé n'a probablement pas supporté d'avoir été éconduit sèchement par des jeunes filles avec qui il avait tenté de lier connaissance, puis d'avoir été provoqué par deux garçons venus au secours de leurs copines. "Je me suis senti humilié et rabaissé", a-t-il déclaré devant le tribunal.

Avec dans la tête "des envies de meurtre", il s'est rendu chez lui pour y chercher son pistolet. De retour dans le préau, il a retrouvé quatre jeunes près de la pataugeoire. Le prévenu a alors sorti son arme et a tiré un coup de feu en direction des adolescents.

La balle a entaillé la joue d'un garçon avant de se loger une trentaine de mètres plus loin dans la tête de Marina.

ATS