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Genève: le patronat dénonce la grève des maçons de mardi

Le patronat genevois déplore la grève des maçons annoncée mardi au bout du lac (photo d'illustration).

KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE

(sda-ats)

Les patrons genevois de la construction dénoncent la grève de mardi dans le secteur du gros oeuvre. Ils estiment qu'il s'agit d'une "violation crasse" et non justifiée de la paix du travail de la part des syndicats, signe de la dégradation du partenariat social.

"Nous avons là une logique d'affrontement particulièrement délétère de la part des syndicats", a critiqué lundi devant les médias Serge Hiltpold, président de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), parlant de "gesticulation syndicale". Et de souligner que les conditions sont généralement plus avantageuses dans le gros oeuvre à Genève qu'ailleurs.

Au bout du lac, les métiers du bâtiment représentent plus de 1400 entreprises qui emploient 12'000 personnes. Très structuré, ce secteur compte 17 associations professionnelles affiliées à la FMB et toutes régies par des conventions collectives de travail étendues. Le gros oeuvre - maçonnerie et génie civil - représente un gros tiers de la branche.

"Pas de concessions"

Des actions ont eu lieu lundi au Tessin et dans le canton de Vaud en lien avec les négociations sur la convention nationale du gros oeuvre, qui arrive à échéance fin 2018. Selon Pierre-Alain L'Hôte, président de la section genevoise de la Société suisse des entrepreneurs, un accord est en passe d'être trouvé sur les deux revendications principales: maintien de la retraite anticipée à 60 ans et hausse salariale.

Or ces deux exigences ne figurent pas dans l'appel à la grève générale sur quatre jours lancé le 4 septembre par les syndicats genevois, relève-t-il. A la place, de nouvelles revendications syndicales sont posées au bout du lac: "Les syndicats exigent beaucoup, mais ils ferment la porte aux discussions sans faire de concessions."

"Dialogue de sourds"

Le patronat estime que les syndicats n'ont pas de parole. Et de rappeler qu'il a accepté la mise en place d'une cellule de réinsertion professionnelle pour les travailleurs de plus de 50 ans licenciés. "L'accord de 2017 était assorti d'une paix absolue du travail, qui est brisée régulièrement par les syndicats", a dénoncé Nicolas Rufener, secrétaire général de la FMB.

"On assiste à un dialogue de sourds depuis deux ans avec les syndicats, surtout avec Unia, alors les conditions cadres sont excellentes", relève M. Rufener. Et de regretter que le partenariat progressif qui prévalait à Genève n'existe plus.

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