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La Déclaration de Genève sur les droits de l'homme et le patrimoine culturel lancée par le maire de Genève Rémy Pagani a été signée par des villes solidaires ou affectées, comme Mossoul, mais aussi le Haut commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Genève veut constituer un réseau de villes-refuges pour le patrimoine culturel en danger en raison des conflits. Une Déclaration de Genève a été signée lundi par le maire Rémy Pagani et plusieurs de ses homologues solidaires ou touchés par des destructions.

Outre Genève, Strasbourg, Lund et Vienne se sont associées à des villes irakiennes, turque et malienne concernées, en présence du Haut commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein. Des villes allemandes et espagnoles vont suivre.

"Les guerres et les atrocités nous rappellent à quel point les droits de l'homme sont menacés et le patrimoine culturel est devenu terriblement fragilisé", a dit M. Pagani. "C'est la première fois que des villes" s'engagent "formellement", ajoute-t-il. Alors que les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme sont prévus en décembre prochain.

M. Zeid a lui salué une "approche innovante". "Nous avons vu des Etats aller et venir mais de nombreuses grandes villes ont duré et subsisté", a-t-il ajouté. Et celles-ci ont quelque chose à "montrer" à des Etats qui ne vont parfois "pas dans la même direction" sur les questions de migrations comme sur le changement climatique ou le patrimoine culturel.

La perte de biens culturels, de plus en plus ciblés dans les conflits en Syrie ou en Irak, provoque "des effets dévastateurs", estiment les signataires. Elle prive les citoyens de leurs droits culturels.

Accueil d'artistes menacés

Parmi leurs engagements, les villes souhaitent oeuvrer pour la réhabilitation des biens détruits ou endommagés. Autre décision, elles offriront un refuge aux artistes et aux défenseurs des droits culturels menacés dans leur propre pays. Une mesure que Genève a déjà appliquée à plusieurs personnes ces dernières années.

Ces villes s'engagent aussi à ne pas prendre de décisions qui violeraient les droits de l'homme sur le patrimoine culturel. Et à mettre l'accès et la participation à la culture au centre de leurs politiques. Les maires veulent notamment associer les citoyens aux décisions et à l'identification des biens culturels sur leur territoire. Les participants encouragent aussi le lancement de communautés patrimoniales.

Devant quelques journalistes suisses, le maire de Mossoul affirme que la mosquée al-Nouri, détruite par l'Etat islamique (EI) dans sa ville, sera reconstruite. "Mais je ne sais pas combien de temps" les travaux vont prendre, ajoute Zuhair Mohsin Al-A’araji.

Selon l'ONU, il faudra plus de dix ans pour nettoyer Mossoul-Ouest, où se trouve la mosquée, de restes d'explosifs de guerre. L'EI aura réussi à unir des communautés parfois divisées avant l'arrivée des djihadistes, dit le maire.

Autre situation, la co-maire de Diyarbakir, Firat Anli, a signé symboliquement la Déclaration même si elle a été déchue de ses fonctions en 2016, comme des dizaines d'autres collègues kurdes, par l'Etat turc. Près d'une centaine de bâtiments historiques ont été détruits dans une partie de sa ville, selon elle.

En grève de la faim depuis huit jours sur la Place des Nations, elle proteste désormais contre l'offensive turque à Afrine, en Syrie. Les mêmes "massacres" de civils et les mêmes "destructions" du patrimoine ont lieu que ceux perpétrés dans sa région, dit-elle.

Plusieurs acteurs

Depuis un an, plusieurs initiatives ont été lancées depuis Genève pour améliorer la protection du patrimoine culturel menacé par les conflits. Parmi elles, souhaitée par la France et les Emirats arabes unis, l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH) peine à avancer, a dit à l'ats une source proche du dossier.

Peu de réunions ont eu lieu depuis que cette institution est devenue opérationnelle en mai dernier. L'ALIPH prévoit notamment de soutenir des refuges dans les pays concernés ou dans des pays tiers.

La Suisse en proposait un à Affoltern am Albis (ZH). Selon M. Pagani, la Déclaration ne constitue pas un moyen de repositionner Genève dans cette discussion. "Il n'y a pas de concurrence" face "aux destructions volontaires", dit-il. Il faut rassembler le plus largement possible toutes les villes.

Autre acteur, l'Appel de Genève dialogue avec des groupes armés pour les inciter à conclure des Actes d'engagement sur le droit international humanitaire (DIH). L'ONG a décidé d'élargir son action à de nouvelles questions comme la protection du patrimoine culturel d'ici 2019.

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ATS