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Les journalistes de 24 heures, la Tribune de Genève, Le Matin sont en grève depuis mardi 16h00 et ce, jusqu'au mercredi minuit.

KEYSTONE/LAURENT DARBELLAY

(sda-ats)

Des journalistes romands de Tamedia ont entamé mardi à 16h00 une grève prévue jusqu'à mercredi minuit, reconductible. Ils demandent à l'éditeur de renoncer aux licenciements prononcés depuis juin. Tamedia exige la fin "immédiate" du mouvement.

Ils étaient une petite centaine à s'être réunis devant la Tour Edipresse à Lausanne mardi alors que débutait le match de football Suisse-Suède. Sur le dos d'une partie d'entre eux et sur des barrières, des manchettes de journaux sur lesquelles on pouvait lire "En grève".

C'est à une très large majorité que peu avant, les rédactions romandes (24 heures, Tribune de Genève et Le Matin) ont pris la décision de faire grève, indiquent impressum et syndicom. Elles demandent à Tamedia de "s'engager sérieusement, intensément et sans exclusion préalable d'aucune sorte" dans un processus de sauvegarde de la diversité de la presse romande. Elles exigent aussi "le retrait des licenciements" annoncés depuis juin.

Indignés

Les journalistes se disent "indignés" par l'annonce de la fin du Matin papier et par les licenciements signifiés par Tamedia alors qu'une procédure de conciliation était en cours. Une procédure que nous avons résiliée dans l'après-midi, explique Patricia Alcaraz, secrétaire régionale chez syndicom à Keystone-ATS.

"Par rapport à nos revendications, il n’en est rien ressorti". Et d’ajouter que les récents licenciements prononcés par Tamedia durant son déroulement sont à leurs yeux une mesure de coercition.

Mesure de coercition

Interrogé sur ce point, le porte-parole de Tamedia pour la Suisse romande, Patrick Matthey conteste. "D'après le texte de loi sur lequel nous nous appuyons, les licenciements collectifs durant la conciliation ne sont pas une mesure de coercition alors que la grève si".

Et Tamedia de demander aux grévistes de cesser "immédiatement" leur mouvement. L'éditeur menace de résilier la convention collective de travail (CCT) et l'accord interne si son appel n'est pas entendu. A ses yeux, cette grève est "illicite" et "disproportionnée".

Depuis le 28 juin, la phase de négociation d'un plan social a débuté. "Il est faux d'affirmer que Tamedia aurait rompu tout dialogue de manière unilatérale", souligne l'éditeur.

Situation tendue

La tension est palpable. A l'extérieur, plusieurs journalistes expliquent que la direction de Tamedia a fait pression sur les employés pour qu’ils ne fassent pas grève. Si celle-ci devait se poursuivre, le groupe se réserve le droit de résilier les contrats de travail pour justes motifs, soit avec effet immédiat, de ceux qui continueront le mouvement, a-t-il menacé.

Reste que tous ne prennent pas part à la grève à l'image de la majorité de la rédaction de 20 minutes."Ils ne se sentent pas directement concernés", estiment plusieurs personnes interrogées. "L’absence de solidarité des autres titres ces dernières années à leur égard a aussi laissé des traces", glisse un journaliste.

Quelle diffusion

Aux alentours de 17h00, Patrick Matthey soulignait que la priorité était de sortir les journaux mercredi. "On s'est organisé depuis ce matin". En début de soirée, impossible de savoir quel titre sera diffusé, ni sa pagination.

Mercredi dernier, Tamedia a annoncé qu'il rejetait les propositions pour éviter la disparition de la version papier du Matin, prévue à partir du 21 juillet.

L'éditeur affirmait qu'il allait procéder à 36 licenciements, dont 22 dans la rédaction, et à quatre réductions de temps de travail. Le personnel et les syndicats avaient ensuite adressé un ultimatum à Tamedia à mardi midi.

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