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Des prisonniers réfugiés mardi sur le toit de la prison d'Alcaçuz

KEYSTONE/EPA EFE/NEY DOUGLAS

(sda-ats)

Les gardiens de prison de Rio de Janeiro étaient en grève mardi pour réclamer le règlement de salaires impayés. La situation explosive dans les prisons du Brésil a déjà fait 134 morts depuis le 1er janvier. Une nouvelle émeute avait lieu dans la journée près de Natal.

Selon le syndicat des fonctionnaires du système pénal (SindSistema-RJ), la grève a commencé officiellement mardi à minuit (heure locale) et devrait se prolonger jusqu'à lundi prochain, quand une nouvelle assemblée générale décidera de la poursuite ou non du mouvement.

"Durant cette grève, seuls les services essentiels seront assurés, comme l'alimentation, les urgences médicales ou la libération des détenus en fin de peine", a précisé le syndicat sur son site. Il a également souligné que les visites ne seront pas autorisées.

Les grévistes réclament le paiement des salaires en retard ainsi que le 13e mois. Ce problème touche pratiquement tous les fonctionnaires de l'Etat de Rio, en quasi-faillite financière.

Le président du SindSistema-RJ, Gutembergue de Oliveira, revendique aussi de meilleures conditions de travail. "En plus du manque d'agents pénitentiaires, de médecins, d'infirmiers ou d'assistants sociaux, nous devons faire face à une immense population carcérale dans des unités surpeuplées", dénonce-t-il.

Selon lui, dans certaines prisons, "le ratio détenu-agent pénitentiaire est de 200 pour un, alors que la recommandation du ministère de la justice est de 5 pour un". Le taux de remplissage des prisons de l ́Etat de Rio aurait été de 185% en décembre, avec 50'482 détenus pour 27'242 places, contre 167% au niveau national.

Dans ces conditions de détention déplorables, les règlements de compte entre factions criminelles se sont soldés par trois massacres depuis le début de l'année, dans le nord et le nord-est du Brésil. Au total, le nombre des morts s'élève déjà à 134 en une quinzaine de jours, selon les chiffres du ministère brésilien de la Justice.

La police tire à Natal

La situation s'envenimait mardi à la prison d'Alcaçuz, près de Natal, le chef-lieu de l'Etat du Rio Grande do Norte (nord-est). La police a tiré avec des balles en caoutchouc sur les détenus. Postées sur les murs d'enceinte de la prison, les forces de sécurité ont visé des mutins, semant la panique dans la prison.

Des détenus se réfugiaient sur les toits, d'autres sortaient des meubles et des matelas de la prison pour se protéger, tandis que des femmes de prisonniers massées à l'extérieur de la prison pleuraient et criaient à chaque détonation. Un massacre entre prisonniers a fait 26 morts ce week-end dans cet établissement pénitentiaire.

Selon les médias locaux, la police tentait d'empêcher un nouveau massacre entre détenus. Des voitures de police patrouillaient à l'extérieur de la prison pour éviter une évasion massive.

Des prisonniers appartenant à l'organisation criminelle régionale "Syndicat du crime RN", armés de couteaux, de bâtons et de pierres, ont tenté d'attaquer le pavillon 5 de la prison où sont regroupés des détenus d'un autre gang, le Premier Comando de la Capitale (PCC).

"La situation est très tendue", a déclaré le major de la garde pénitentiaire Wellington Camilo, au site d'information G1.

Défi à l'Etat

La guerre des gangs pour la contrôle de l'approvisionnement et la vente de cocaïne, qui met les prisons à feu et à sang, oppose précisément le puissant PCC, fondé à Sao Paulo, au Comando Vermelho, basé à Rio de Janeiro, et à ses alliés locaux.

"Le PCC a lancé un défi à l'Etat de Rio Grande do Norte. Il voulait incendier la capitale (Natal), a assuré mardi à Brasilia le gouverneur de cet Etat, Robinson Farias.

"Nous vivons un moment dramatique. Le PCC défie non seulement l'Etat mais toutes les organisations criminelles régionales pour prendre le contrôle du trafic de drogue. C'est une guerre de factions. Ils ont détruit toute la prison" de Natal, a ajouté le gouverneur. Ce dernier devait participer dans la journée à une réunion des responsables de la sécurité du Brésil avec le président Michel Temer.

ATS

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