Perturbations dans les transports, blocage de routes et incidents ont eu lieu au Brésil vendredi en raison d'un appel à la grève générale contre la réforme des retraites. Mais le mouvement de protestation est apparu nettement moins important que ceux des 15 et 30 mai.

Les syndicats avaient appelé les travailleurs à faire grève dans les transports et à bloquer les routes dans toutes les grandes villes pour protester contre la réforme des retraites qui, si elle a été édulcorée pour avoir ses chances de passer au Parlement, reste très impopulaire.

Des manifestations ont eu lieu dans près de 200 villes des 27 Etats du Brésil, a indiqué le site G1. Les syndicats ont fait état de 45 millions de travailleurs grévistes dans 300 villes. Ils ont aussi rapporté des grèves dans les secteurs du pétrole, de la banque et de la poste, de même que d'enseignants et d'étudiants, très mobilisés contre les coupes claires dans les budgets de l'éducation.

Arrestations à São Paulo

La plupart des rassemblements se sont déroulés dans le calme. Des affrontements entre policiers et manifestants ont toutefois éclaté au moment de la dispersion des cortèges à Rio de Janeiro et São Paulo, les forces de l'ordre faisant usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, selon des journalistes de l'AFP sur place.

A São Paulo, la première ville du Brésil avec 20 millions d'habitants, la police a annoncé l'interpellation de 14 personnes, dont dix pour des incendies et dégradations et quatre pour avoir endommagé un minibus et menacé le conducteur. Des échauffourées ont également éclaté à Rio, où des milliers de personnes ont déflié le long de l'avenue Presidente Vargas.

"La grève est un succès malgré les pratiques antisyndicales des patrons et des tribunaux et la répression policière dans divers Etats", a assuré le président de la CUT, la centrale unique des travailleurs.

Le mouvement tombe mal pour le gouvernement dont la cote de popularité a chuté, alors que la Copa America, le tournoi de football qui va faire vibrer tout le continent, a débuté vendredi soir à São Paulo avec un match Brésil-Bolivie, en présence du président brésilien Jair Bolsonaro.

Clé de voûte de la politique libérale

Toutes les grandes villes du pays ont connu des perturbations dans les transports: la capitale Brasilia, Salvador de Bahia ou Recife (nord-est), Belo Horizonte (sud-est), Porto Alegre, Curitiba ou Florianopolis (sud), selon les médias brésiliens.

La réforme des retraites est la clé de voûte de la politique libérale du gouvernement, sous la houlette du ministre de l'économie Paulo Guedes. Celui-ci a averti d'une catastrophe si le système n'était pas réformé: les caisses de retraite avaient un déficit de 93 milliards de francs à la fin 2018 (5,5% du PIB) et la population vieillit vite.

L'avenir de cette réforme est menacé au Parlement, où le parti du président d'extrême droite ne dispose que de 10% des sièges et doit nouer de difficiles alliances pour obtenir la majorité des trois cinquièmes.

Une version édulcorée de la réforme a été présentée jeudi par son rapporteur: elle fait passer de 1200 milliards de réaux (308 milliards de francs) à 900 milliards de réaux les économies réalisées pour les coffres de l'Etat sur 10 ans.

Le rapporteur a notamment renoncé à des aspects polémiques de la réforme, tel le passage du système actuel par répartition à la retraite par capitalisation. Une décision très mal reçue par Paulo Guedes qui a déclaré qu'"approuver la réforme du rapporteur signifierait faire avorter la réforme". Mais le président Bolsonaro a rétorqué qu'"il est naturel de faire des concessions".

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