Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Les rues des villes du Venezuela étaient désertes jeudi matin au début d'une grève à l'appel de l'opposition.

KEYSTONE/EPA EFE/MIGUEL GUTIERREZ

(sda-ats)

Les rues des villes du Venezuela étaient désertes jeudi matin au début d'une grève à l'appel de l'opposition. Elle est portée par le vote massif de 7,6 millions de personnes lors de la consultation contre le président Maduro et son projet de modifier la Constitution.

Nombre d'entreprises sont restées portes closes pour cette grève de 24 heures. L'opposition espère ainsi accroître la pression sur le Parti socialiste au pouvoir. Cette grève nationale a débuté à 06h00 locales (12h00 en Suisse). Elle intervient quatre jours après l'organisation d'un référendum informel par l'opposition.

"Cela a bien commencé. Pas de circulation, tout reste fermé. Nous devons tous faire de notre mieux pour nous débarrasser de ce tyran", déclarait à un barrage filtrant, sur une grande artère de Caracas, un jeune manifestant de 17 ans, Miguel Lopez, à propos du président Nicolas Maduro.

"Sauver le peu qui nous reste"

De nombreuses sociétés privées de transport ont relayé l'appel tandis que des étudiants, des habitants et des militants de l'opposition ont utilisé des poubelles et des meubles pour constituer des barricades. Des incidents sporadiques ont opposé des forces de l'ordre, faisant usage de gaz lacrymogènes, à des étudiants lançant des pétards.

"J'ai sept ouvriers et je vais leur payer la journée. Peu importe de perdre une journée de travail quand on est en train de perdre un pays. Je rejoins la mobilisation pour essayer de sauver le peu qui nous reste, pour accroître la pression", explique un patron d'une petite entreprise du bâtiment au sud-est de Caracas.

Dans certains quartiers de Caracas, comme les zones pauvres de Catia et du 23-Janvier, l'activité semblait normale et les commerces étaient ouverts. "Je suis en grève par le coeur", a commenté un ingénieur d'une usine métallurgique dans l'Etat de Bolivar à l'arrêt du bus qui devait le conduire sur son lieu de travail. "Si on ne se présente pas au travail, ils vont nous virer".

Assemblée constituante

Après trois mois et demi de manifestations quasi quotidiennes, certaines violemment réprimées par les forces de l'ordre, la coalition Table de l'unité démocratique avait annoncé dimanche une "heure H" pour marquer le début d'une nouvelle vague de protestation.

Le président Maduro, dont le mandat prend fin début 2019, juge le référendum organisé dimanche sans valeur. Il propose pour sa part aux 30 millions de Vénézuéliens la création d'une assemblée constituante dont l'élection est prévue le 30 juillet.

"L'Assemblée constituante va se tenir", a déclaré Eulogio Del Pino, président de la société pétrolière PDVSA, à la télévision locale de l'Etat de Monagas. Plusieurs ouvriers l'entourant vêtus de chemises rouges chantaient, "ils ne reviendront pas", en référence à un éventuel retour de l'opposition au pouvoir.

Ordre d'ignorer l'appel

Certains secteurs économiques, accusés par le président de mener une "guerre économique" contre le pays, craignent l'instauration, via la Constituante, d'un modèle économique "à la cubaine" qui empirerait la situation économique du pays, selon eux. Le gouvernement a menacé de sanctions les entreprises qui rejoindront la grève.

Il a de son côté la très stratégique industrie pétrolière et la fonction publique qui compte près de trois millions d'employés. Aucune perturbation n'était prévue dans la production de la société pétrolière qui fournit 95% des revenus d'exportation du pays. Dans les entreprises publiques, ordre a été donné aux près de trois millions de salariés d'ignorer l'appel à la grève.

ATS