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Beaucoup de jeunes ont manifesté mercredi à Athènes

KEYSTONE/EPA ANA-MPA/ORESTIS PANAGIOTOU

(sda-ats)

Bus et trains à l'arrêt, débrayage des fonctionnaires et des médecins, écoles fermées: les Grecs ont vécu au ralenti à l'appel des syndicats qui ont décrété une grève générale contre la politique d'austérité. Le parlement vote jeudi de nouvelles réformes.

Plusieurs milliers de personnes - jusqu'à 15'000 selon la police - ont manifesté mercredi dans le centre d'Athènes, place Syntagma. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes lors d'affrontements isolés, notamment à l'extérieur du parlement. Un petit groupe de manifestants a par exemple été aperçu en train de lancer des cocktails Molotov à l'aide d'équipements improvisés.

"Non à l'austérité, oui à l'allègement de la dette" ou "Rendez-nous les conquêtes sociales que vous nous avez volées", pouvait-on lire parmi les banderoles portées par les manifestants.

Dans la foule, un retraité mettait le gouvernement d'Alexis Tsipras face à ses contradictions. "Ils nous avaient dit qu'ils mettraient fin à l'austérité et déchireraient les plans de renflouement. Au lieu de quoi... ils nous ont amené une catastrophe", a-t-il dénoncé.

Message fort à l'UE et au FMI

Parmi les actions les plus spectaculaires, le syndicat des policiers a déployé une banderole sur la colline de Lycabette, à Athènes, questionnant en grec et en allemand: "Combien vaut la vie d'un policier M. Tsipras? Combien vaut la vie d'un policier Frau Merkel?".

Les liaisons maritimes vers les îles ont également été à nouveau perturbées et de nombreux vols, surtout intérieurs, ont été annulés tandis que les vols internationaux ont dû reprogrammer leurs horaires en raison d'un arrêt de travail des aiguilleurs du ciel.

"Nous souhaitons envoyer un message au gouvernement, à l'Union européenne (UE) et au Fonds monétaire international (FMI), nous n'allons pas les laisser dépecer nos vies", a lancé aux médias Alekos Perrakis, du syndicat proche des communistes, Pame. La grève avait été lancée par les syndicats public et privé, Adedy et GSEE.

A Thessalonique, dans la deuxième ville du pays, quelque 6000 personnes ont également manifesté mercredi, selon la police.

Nouvelles mesures de rigueur

La mobilisation visait à protester contre un énième train de mesures de rigueur, imposé par le FMI et l'UE. Ces mesures sont une condition pour débloquer le versement d'une nouvelle tranche de prêts dont le pays a besoin pour payer des échéances en juillet.

Le gouvernement de gauche de M. Tsipras a été contraint de légiférer sur ces nouvelles mesures, qui s'élèvent à 4,9 milliards d'euros. Elles doivent être appliquées entre 2019 et 2021, soit après la fin du programme actuel, dans le cadre du budget de moyen terme débattu au parlement depuis lundi.

Ces mesures, comme celles imposées depuis le début de la crise de la dette en 2010, comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et de nouvelles hausses d'impôts.

Ce nouveau train de mesures doit être adopté par le parlement d'ici vendredi. Le gouvernement espère qu'il permettra aussi d'ouvrir la discussion sur l'allègement de la dette grecque, à 179% du PIB, lors de la réunion lundi des ministres des Finances de la zone euro.

M. Tsipras a pu s'entretenir mercredi par téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel. Ils sont convenus qu'"un accord était possible" ce lundi, selon une source gouvernementale grecque. M. Tsipras s'est dit optimiste quant à l'issue de la réunion de lundi.

ATS

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