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Avec cette action, Greenpeace entendait "lancer un cri d’alarme: nous refusons que le FN s’accapare et dévoie les valeurs universelles de la devise française en les enfermant derrière des frontières et en refusant qu’elles s’appliquent à toutes et tous", affirme l'ONG.

Compte Twitter @greenpeacefr

(sda-ats)

Des militants de Greenpeace ont déployé vendredi sur la tour Eiffel une banderole contre le Front national, proclamant "Liberté Egalité Fraternité", a constaté l'AFP. Pour l'ONG, "il est plus qu'urgent de défendre ces valeurs, particulièrement menacées par le FN".

Douze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, a appris l'AFP de source policière, accusées d'avoir dégradé un filet de protection. Selon la Société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete), "l'incident était clos" vers 9h30.

Cette action menée à deux jours du deuxième tour de la présidentielle vise à "mettre en garde contre le projet de Marine le Pen et ce qu'il représente comme risques pour les associations et au-delà", a déclaré à la presse Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Selon l'organisation, douze militants sont parvenus, peu après 7h30, à fixer cette banderole de 30 mètres sur 10 entre deux piliers de la tour, sous le premier étage de la tour. Outre la devise de la République, la banderole porte le nom de l'organisation environnementale et la mention #resist, en lettres noires sur fond jaune.

Pour M. Julliard, défendre ces valeurs est "indispensable pour mener à bien notre combat environnemental". "Greeenpeace s'inquiète de ces temps de résurgence des nationalismes, en Turquie, en Hongrie et des risques de restriction de la liberté d'association. C'est dans notre mission de nous y opposer", a-t-il ajouté. "Un monde écologique, en paix, passe par (la nécessité de) s'opposer à tout ça".

Dysfonctionnements

Cette intrusion révélant des "dysfonctionnements dans le dispositif de sécurité" à un moment où la menace djihadiste reste élevée, il a notamment été décidé de renforcer les patrouilles aux abords de la tour Eiffel ainsi que les équipes de sécurité avec des chiens, au sol comme dans les étages du monument, annoncent la Ville et la police dans un communiqué commun.

Les "moyens humains" seront également renforcés dans le centre de supervision de la tour, et le dispositif périphérique de vidéoprotection, dont le suivi est assuré dans un commissariat local, sera réévalué, précisent-elles.

Ces mesures, dont la plupart seront immédiatement appliquées, doivent permettre de renforcer "de façon conséquente" la sécurité, dans l'attente du dispositif "pérenne" qui sera mis en place l'an prochain sous la forme de "panneaux de verre, à la fois plus esthétiques et plus efficaces que le barriérage temporaire actuellement en place".

Monument ouvert avec retard

La présence des militants de Greenpeace sur la tour "a été immédiatement détectée par les caméras de vidéosurveillance et les agents de sécurité postés sur place. Les services de police ont aussitôt été prévenus", avait affirmé dans la matinée la Sete dans un communiqué.

Le monument, qui est normalement accessible au public à 9h30, a ouvert peu après midi à la visite, a-t-elle dit. Un peu plus tôt, elle avait expliqué qu'elle attendrait une inspection des services de sécurisation avant de laisser entrer les touristes.

Utilisation politique dénoncée

"Il n'est pas admissible qu'un monument comme la tour Eiffel, emblème de Paris, bien commun des Parisiens et de l'ensemble des Français, soit utilisé à des fins politiques", avait estimé peu après l'incident la préfecture de police de Paris dans un communiqué.

La mairie relevait elle que "si la Ville de Paris se retrouve dans un certain nombre des causes défendues par cette organisation internationale reconnue pour son engagement écologique et social, elle ne peut toutefois que condamner l'action qui a été conduite ce matin, en toute illégalité".

Greenpeace fait partie des 61 associations et ONG signataires d'un appel à "protéger les valeurs de la République" paru le 30 avril dans Le Journal du Dimanche. Sans citer la candidate FN, elles appelaient les électeurs à se mobiliser "face à celles et ceux qui prônent le rejet de l'autre et le repli sur soi".

Cette action est la deuxième menée par l'ONG sur la tour Eiffel. En décembre 2013, un militant avait passé quelques heures dans une tente suspendue à la tour pour protester contre l'emprisonnement d'une trentaine de militants en Russie après une opération menée sur une plate-forme pétrolière.

ATS

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