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Des rassemblements ont eu lieu à Amman et d'autre villes du royaume contre le projet de loi qui prévoit notamment l'imposition de revenus modestes.

Keystone/EPA/ANDRE PAIN

(sda-ats)

La Jordanie est le théâtre depuis plusieurs nuits de manifestations contre des hausses de prix et un projet de loi augmentant les impôts. Cette grogne s'exprime dans un contexte où Amman est sous pression du FMI pour entreprendre des réformes économiques.

Le roi Abdallah II a appelé à "un dialogue national global et raisonnable à propos du projet de loi sur l'impôt sur le revenu" qui a déclenché mercredi ces manifestations, parmi les plus importantes des cinq dernières années.

Des rassemblements ont eu lieu à Amman et d'autre villes du royaume contre ce projet de loi prévoyant notamment l'imposition de revenus modestes, selon des correspondants de l'AFP. Elles ont lieu la nuit, en plein ramadan, mois de jeûne musulman durant lequel la vie nocturne est traditionnellement plutôt animée.

Quelque 3000 personnes se sont rassemblées près des bureaux du premier ministre dans le centre de la capitale jusqu'à 02h30 dimanche en dépit de strictes mesures de sécurité.

Echec de négociations

"Celui qui augmente les prix cherche à enflammer le pays", "Nous sommes le peuple, nous sommes la ligne rouge" ou encore "peuple souverain, patrie souveraine", ont scandé les manifestants arborant des drapeaux jordaniens et appelant de nouveau au départ du premier ministre Hani Mulqi. Des centaines de manifestants sont également descendus dans les rues à Zarqa, Balqa (est), Maan, Karak (sud), Mafraq, Irbid et Jerash (nord).

Quelques heures auparavant, des négociations avaient échoué entre représentants des syndicats et M. Mulqi. Ce dernier a souligné après les discussions que le renvoi du projet de loi devant le parlement "ne voulait pas forcément dire qu'il sera approuvé par l'Assemblée, qui est souveraine".

Le président de la principale fédération syndicale, Ali al-Abbous, a dit avoir rappelé au premier ministre que le "citoyen est épuisé par la hausse des prix et des impôts". Il a souligné que l'"Etat doit garder son indépendance et ne pas se plier aux exigences du Fonds monétaire international (FMI).

"Paix sociale"

Le FMI avait approuvé en 2016 une ligne de crédit de 723 millions de dollars sur trois ans pour le royaume. En contrepartie, ce dernier s'était engagé à mettre en place des réformes structurelles et à réduire progressivement sa dette publique à 77% du PIB d'ici 2021, contre 94% en 2015. L'accueil de centaines de milliers de réfugiés syriens pèse lourdement sur l'économie de la Jordanie.

Le roi Abdallah II a estimé samedi soir "injuste que le citoyen paie seul les conséquences des réformes fiscales", tandis que le président du Sénat, Fayçal al-Fayez, a appelé à une "réunion de consultation" (ce) dimanche.

Le projet de loi fiscal, présenté sur les recommandations du FMI, prévoit une augmentation d'au moins 5% des impôts pour les particuliers et impose désormais les personnes ayant un salaire annuel de 8000 dinars (environ 1100 francs). Les impôts des entreprises vont eux être augmentés entre 20 et 40%.

Au parlement, il était loin de faire l'unanimité. Sur les 130 députés, 78 se sont dits opposés au texte, affirmant leur attachement "à la paix nationale, économique et sociale".

D'autres hausses de prix

Une première grande manifestation organisée par les syndicats s'était tenue mercredi contre ce texte. Après l'annonce de l'entrée en vigueur jeudi d'augmentations des prix du carburant et de l'électricité, les protestataires avaient aussi réclamé l'annulation de cette mesure, dont le gel a finalement été annoncé vendredi.

Depuis janvier, plusieurs hausses de prix ont été décidées en Jordanie notamment sur le pain, ainsi que des augmentations des taxes sur des produits de première nécessité. Le prix du carburant a augmenté à cinq reprises depuis le début de l'année, alors que les factures d'électricité ont connu une hausse de 55% depuis février. Selon des chiffres officiels, 18,5% de la population est au chômage et 20% est à la limite du seuil de pauvreté.

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ATS