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Guyanais faisant la queue, lundi, pour se ravitailler en carburant, ravitaillement devenu difficile depuis le début de la grève.

KEYSTONE/AP France Guyane/LARA DUPUY

(sda-ats)

Chants, banderoles, bonne humeur mais détermination : la mobilisation a été massive mardi en Guyane française pour les manifestations de la "journée morte". Certains participants l'ont même qualifiée d'"historique".

Alors que 250'000 personnes vivent dans ce territoire, la préfecture a comptabilisé respectivement 8000 et 3500 participants à Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni, les deux plus grandes villes guyanaises.

"Je n'ai jamais vu autant de monde sortir dans la rue", a relevé un marcheur, alors qu'un autre confiait n'avoir "jamais vu une mobilisation d'un tel niveau".

"Ça fait trop longtemps"

A Cayenne, on a pu voir de nombreux drapeaux guyanais, ainsi que des banderoles reprenant le slogan "nou bon ké sa" - "ça suffit" en créole guyanais - qui a fleuri ces derniers jours sur les nombreux barrages installés dans les villes du territoire.

"Nous voulons que l'Etat nous donne les moyens. Ca fait trop longtemps que ça dure, l'Etat doit reconnaître la population guyanaise", fait valoir une manifestante.

Après l'affluence décevante de lundi, premier jour de "grève générale illimitée", les manifestations de la "journée morte" relèvent du plébiscite pour l'Union des travailleurs guyanais (UTG), dont les 37 syndicats membres ont voté à la quasi-unanimité en faveur de l'arrêt du travail.

Taubira appelle les élus locaux

L'organisation faîtière des protestataires, qui regroupe autant des collectifs contre la délinquance et pour l'amélioration de l'offre de soins, que l'UTG ou les avocats guyanais, s'en trouve renforcée alors qu'elle n'est toujours pas disposée à rencontrer la délégation interministérielle arrivée samedi.

"Nous souhaitons que les discussions déjà ouvertes se poursuivent, s'amplifient et s'intensifient dans les jours qui viennent" "afin de parvenir à des solutions rapides, concrètes et durables pour la Guyane", ont réaffirmé le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, et la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, dans un communiqué commun.

L'ancienne garde des Sceaux, la Guyanaise Christiane Taubira, a appelé au "dialogue" avec une "plus grande implication des élus locaux", "sinon le blocage va durer". L'exécutif socialiste a "incontestablement" agi en augmentant notamment les forces de police et de gendarmerie, a-t-elle relevé.

Cazeneuve: "respect" et "ordre"

Une délégation ministérielle doit arriver en Guyane "avant la fin de la semaine", "si toutefois les conditions du respect (...) et de l'ordre républicain sont réunies", a indiqué lundi Bernard Cazeneuve.

"On ne dialogue pas en cagoule. On dialogue le visage découvert", a de son côté souligné Matthias Fekl, en référence à un groupe baptisé "Les 500 frères", créé récemment par des citoyens pour lutter contre "l'insécurité" en Guyane, et qui manifeste toujours cagoulé.

Un porte-parole des grévistes a toutefois réclamé "un plan de développement et pas des mesurettes". La situation en Guyane a trouvé un écho dans la campagne présidentielle, à quatre semaines du premier tour. "Il faut aller encore plus vite pour aller à la rencontre des Guyanais", a tonné le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), sur Franceinfo.

ATS

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