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Hervé Falciani lors d'une conférence de presse en France en octobre 2015 (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

L'ex-informaticien de la banque HSBC Suisse, Hervé Falciani, à l'origine du scandale dit des SwissLeaks sur les pratiques d'évasion fiscale de clients de la banque, a été arrêté mercredi à Madrid. Cela à la demande de la Suisse, a-t-on appris de source policière.

"Son arrestation s'est produite à Madrid, dans la rue, alors qu'il se rendait à une conférence", à la demande de la Suisse "qui sollicite son extradition", a déclaré un haut responsable de la police à l'AFP.

Hervé Falciani "était visé depuis le 19 mars par un mandat d'arrêt international pour son extradition, émis par les autorités suisses, pour qu'il purge une condamnation à une peine de prison ferme de cinq ans", a précisé la police espagnole dans un communiqué.

Le président du Syndicat des inspecteurs du fisc Gestha en Espagne, Carlos Cruzado, a dénoncé cette arrestation dont il a été témoin. "Le paradoxe, c'est précisément qu'il a été arrêté à l'entrée d'un débat sur la nécessité de protéger les lanceurs d'alerte et sa chaise est restée vide", a expliqué à l'AFP M. Cruzado.

Le débat était organisé à Madrid, à l'Université Pontificia de Comillas. Il s'intitulait "quand dire la vérité est héroïque".

"Il est extrêmement regrettable qu'ils l'arrêtent, nous ne le comprenons pas", a ajouté M. Cruzado, fonctionnaire du ministère espagnol des Finances. Il a expliqué que "Falciani a collaboré avec la justice, aidé à révéler des agissements illicites et à récupérer de l'argent des fraudeurs" du fisc.

Condamné par contumace en Suisse

Hervé Falciani avait été condamné en novembre 2015 à une peine de cinq ans de prison ferme. Il avait été reconnu coupable de service de renseignements économiques par le Tribunal pénal fédéral (TPF). Durant son procès à Bellinzone, il était resté en France, déclarant n'avoir aucune confiance en la justice helvétique.

L'ex-informaticien franco-italien avait copié les données de clients de son ancien employeur, la banque HSBC, avant de les rendre accessibles à des entreprises privées et à des organismes de plusieurs pays, notamment de France, de Grande-Bretagne et d'Allemagne.

La divulgation de ces données a eu un impact sans précédent. Elle a permis à un consortium de plusieurs médias de révéler que près de 120 milliards de dollars auraient transité par la banque HSBC dans le but d'échapper à l'impôt ou pour être blanchis via des sociétés-écrans.

Enquêtes fiscales

Ce scandale a éclaté dès 2009 quand le ministère français de l'Economie a révélé qu'il disposait d'une liste de 3000 Français titulaires de comptes en Suisse où étaient déposés quelque trois milliards d'euros. Fin 2009, les fichiers de la "liste Falciani" avaient permis d'identifier 127'000 comptes appartenant à 79'000 personnes de 180 nationalités, dont 8231 Français.

Les données transmises par Hervé Falciani ont entraîné des condamnations et enquêtes fiscales en France, en Espagne, en Argentine ou encore en Grande-Bretagne.

En France, en novembre dernier, HSBC Private Bank Suisse SA a accepté de régler 300 millions d'euros (348,4 millions de francs) à l'Etat français pour clore des poursuites engagées par Paris, qui lui reprochait d'avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d'euros d'avoirs.

Précédente arrestation

Hervé Falciani avait déjà été arrêté en 2012 à Barcelone dans le nord de l'Espagne, et détenu pendant plusieurs mois, suite à une demande d'extradition. Mais la justice espagnole ne l'avait pas remis à la Suisse. Il aurait en même temps collaboré avec le parquet anticorruption.

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ATS