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L'incendie d'un atelier avait fait sept morts en 2013 à Prato (archives)

KEYSTONE/EPA/CLAUDIO GIOVANNINI

(sda-ats)

Des affrontements se sont produits cette semaine entre la police italienne et la communauté chinoise de Prato, près de Florence. La région abrite une des plus grandes concentrations en Europe d'entreprises gérées par des Chinois.

Les heurts ont commencé mercredi lors d'une inspection d'un atelier de fabrication textile par les autorités sanitaires. Il faut dire que les contrôles ont été accrus en Italie après la mort de sept personnes en 2013 dans l'incendie d'un atelier de confection.

Le propriétaire contrôlé a réagi avec colère aux remarques d'un inspecteur portant sur des violations et des règles concernant la santé et la sécurité du personnel. Il a bousculé l'inspecteur et les policiers qui l'accompagnaient, a indiqué une source policière.

Les employés chinois se sont ensuite barricadés à l'intérieur de l'usine tandis que des centaines d'autres se rassemblaient à l'extérieur. Ils ont lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers équipés de matraques et de boucliers. Ces derniers avaient été appelés en renfort pour disperser la foule. Deux ressortissants chinois et un policier ont été blessés.

Pas de "zones franches"

Le président de la région, Enrico Rossi, a déclaré vendredi avoir discuté de l'incident avec le ministre italien des affaires étrangères Paolo Gentiloni. M. Rossi s'est engagé à lutter contre la délinquance financière dans la région. Selon lui, la moitié de la production économique s'y fait de façon illégale, le manque à gagner pour le fisc est d'un milliard d'euros et l'argent est blanchi via des transferts internationaux.

"La situation est inacceptable", a déclaré Enrico Rossi à l'agence Reuters. "Il faut que la communauté chinoise respecte la loi et s'intègre; nous ne pouvons avoir des 'zones franches'. Nous allons continuer les inspections pour nettoyer ce système de production."

Protéger les droits des Chinois

Les représentants de la communauté chinoise de Florence se sont rendus sur le lieu des affrontements. Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hong Lei, a déclaré lors d'une conférence de presse vendredi que la situation était maîtrisée.

La Chine a demandé à l'Italie d'"appliquer la loi de façon civilisée, de mener une enquête avec équité et de protéger les droits et intérêts des citoyens chinois en Italie."

Après les heurts, le propriétaire de l'entreprise et un salarié ont été interpellés. Des manifestants se sont rassemblés devant le tribunal qui a confirmé l'ordre d'interpellation. Ils ont accusé les autorités régionales d'avoir fait un usage excessif de la force lors de l'inspection des ateliers.

Textile et maroquinerie

Prato, capitale de l'industrie textile italienne, est une terre d'immigration chinoise depuis le milieu des années 90. Environ 50'000 Chinois y travaillent dans le textile et la maroquinerie, pour le prisé label "fabriqué en Italie". Beaucoup de ces sociétés profitent du travail des migrants clandestins.

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ATS