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François Hollande a rencontré des jeunes du quartier dans une mission locale à Aubervilliers.

KEYSTONE/EPA AFP POOL/STEPHANE DE SAKUTIN / POOL

(sda-ats)

Le président français François Hollande a lancé mardi un appel au "respect" des personnes, des institutions et des biens. En visite à Aubervilliers, commune populaire de Seine-Saint-Denis, le chef de l'Etat a mis en garde contre toute forme de "provocation".

"On ne peut pas accepter, à cause d'un drame que j'ai moi-même dénoncé, qu'il y ait de la casse", a déclaré François Hollande, alors que la banlieue parisienne est confrontée à des violences quotidiennes depuis une dizaine de jours.

"Je refuserai aussi toutes les provocations, tous ceux qui veulent diviser, qui veulent séparer, qui veulent opposer, qui veulent briser ce qui est la vie en commun", a-t-il ajouté.

Les habitants de banlieue, comme ceux d'Aubervilliers, ne se montraient guère convaincus par la visite du président socialiste. "Il aurait dû venir avant", estime Nadia, 50 ans, mère de 4 enfants. "Il n'y a rien pour nos enfants ici."

"Apartheid social"

Dans les 1436 quartiers "prioritaires", le taux de chômage est de 26,7%, contre 10% ailleurs, et 42% des habitants y vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 11'871 euros (12'653 francs) par an. Malgré une décennie de volontarisme politique, les disparités entre les quartiers en difficulté et le reste du territoire sont loin d'être comblées en France. Cela avait conduit l'ancien premier ministre socialiste Manuel Valls à évoquer un "apartheid social".

Depuis plusieurs jours, certaines banlieues défavorisées de Paris connaissent des violences sporadiques, avec des incendies de voitures ou des jets de pierres visant les forces de l'ordre. Au moins 25 personnes ont encore été interpellées dans la nuit de lundi à mardi pour des violences urbaines.

Ces incidents font suite à l'arrestation violente le 2 février par la police de Théo, 22 ans, lors d'un contrôle d'identité. Le jeune homme noir a dit avoir été violé par un policier avec une matraque. Cette affaire a envenimé des rapports déjà conflictuels entre jeunes et policiers dans les quartiers sensibles en France.

Nouvelles accusations

Le gouvernement craint désormais une multiplication des incidents dans les banlieues déshéritées. La situation de ces dernières était jusque-là largement absente des débats à deux mois de l'élection présidentielle.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux devait se rendre à Sarcelles (Val-d'Oise) en milieu de journée pour y rencontrer notamment les forces de l'ordre. Il a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après de nouvelles accusations visant plusieurs policiers déjà mis en examen dans l'affaire Théo, a-t-on appris mardi dans son entourage.

Un ami du jeune homme a affirmé à l'hebdomadaire L'Obs avoir été roué de coups sans motif une semaine auparavant par trois des mêmes policiers. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Cette enquête devra déterminer l'existence ou non de faits de violences volontaires "commis par les fonctionnaires de police à l'occasion de l'interpellation, le 26 janvier d'une personne susceptible de vendre des stupéfiants", indique le parquet dans un communiqué.

Surnommé "Barbe Rousse"

Le jeune homme explique ne pas avoir porté plainte parce qu'il venait de trouver du travail et ne pouvait pas se permettre "de risquer de le perdre". Selon lui, trois policiers, dont celui qui est accusé d'avoir violé Théo, surnommé "Barbe Rousse", ont voulu le fouiller alors qu'il venait d'assister à l'interpellation d'un mineur.

Selon L'Obs, les policiers à l'origine de l'interpellation du jeune livreur ont porté plainte contre lui. Quant aux quatre policiers impliqués dans l'arrestation de Théo le 2 février, ils ont été mis en examen, l'un pour viol, les trois autres pour violences volontaires.

ATS

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