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Hollande et Valls rejettent les appels de la droite à durcir la loi

L'émotion était vive mardi soir à Saint-Etienne-de-Rouvray.

KEYSTONE/EPA/IAN LANGSDON

(sda-ats)

François Hollande et Manuel Valls ont rejeté mardi les appels la droite et de l'extrême droite à durcir encore la législation antiterroriste en France après l'attaque dans une église en Normandie. Ils estiment que l'arsenal judiciaire donne "la capacité d'agir".

"Restreindre nos libertés, déroger à nos règles constitutionnelles n'apporterait pas d'efficacité à notre lutte contre le terrorisme et affaiblirait à coup sûr la cohésion nécessaire à notre Nation", a déclaré le président français lors d'une allocution télévisée solennelle à l'Elysée.

"Le gouvernement applique et appliquera avec la plus extrême fermeté les lois que nous avons fait voter et qui donnent à la justice, aux préfets, aux forces de l'ordre, la capacité d'agir, amplifiée par la prolongation et le renforcement de l'état d'urgence", a-t-il ajouté.

"Cette guerre sera longue. Ce qui est visé, c'est notre démocratie. Elle est la cible, elle sera notre bouclier", a martelé le chef de l'Etat. "Faisons bloc, c'est ainsi que nous gagnerons la guerre contre la haine et le fanatisme. Car je vous l'assure, cette guerre nous la gagnerons", a-t-il ajouté.

Pas de nouvelle loi à chaque attentat

Le Premier ministre Manuel Valls a pour sa part estimé qu'"en s'attaquant à un prêtre, à l'Eglise catholique, on voit bien quel est l'objectif: jeter les Français les uns contre les autres, s'attaquer à une religion pour provoquer une guerre de religions".

"A chaque attentat, nous n'allons pas inventer une nouvelle loi, nous n'allons pas inventer de nouveaux dispositifs", a-t-il dit à l'adresse des Républicains (LR) et du Front national (FN).

Depuis l'attentat de Nice le 14 juillet, le gouvernement socialiste est sous le feu des critiques pour des défaillances présumées dans les mesures de sécurité antiterroristes.

Passé par la Suisse

D'autant que l'un des deux agresseurs qui ont égorgé mardi matin un prêtre dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray était connu des services antiterroristes. Ce jeune homme de 19 ans avait tenté de se rendre à deux reprises en Syrie en 2015, a confirmé dans la soirée le procureur de Paris François Molins.

Pour son second essai, il était passé par la Suisse et avait vu son voyage échouer en Turquie. Il avait ensuite été renvoyé en Suisse et arrêté à son arrivée à Genève avant d'être remis à la France. Il avait alors été inculpé et écroué pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, avant d'être libéré et placé sous bracelet électronique.

Le parquet de Paris avait fait appel sans succès de sa libération, a précisé le procureur Molins. Le second assaillant était toujours en cours d'identification.

Attaques de la droite

Dans la journée, le chef de LR Nicolas Sarkozy avait sommé l'exécutif de "changer profondément (...) la riposte". La droite réclame notamment la détention des personnes suspectées d'être radicalisées et la mise en place d'une rétention de sûreté à l'issue d'une peine pour les personnes condamnées pour des crimes terroristes. Elle demande aussi la création d'un délit de séjour sur un théâtre d'opérations terroristes.

La présidente du FN Marine Le Pen a de son côté dénoncé la "responsabilité (...) immense" des gouvernants français "depuis 30 ans". D'autres membres du parti d'extrême droite ont appelé "les chrétiens" à se "lever pour résister à l'islamisme".

Irruption en pleine messe

Deux assaillants armés ont fait irruption vers 09h30, en pleine messe, dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, une petite ville de 29'000 habitants dans la banlieue de Rouen. Cinq personnes se trouvaient dans l'édifice à ce moment.

Les deux assaillants ont égorgé le prêtre Jacques Hamel, âgé de 85 ans. Un autre otage a été grièvement blessé et se trouve entre la vie et la mort. Les preneurs d'otages ont été abattus par la police au moment où ils sortaient sur le parvis de l'église. L'EI a rapidement salué, via son agence de communication Amaq, l'attaque perpétrée par deux de ses "soldats".

Après cette attaque, M. Hollande a assuré au pape François que tout serait fait pour protéger les églises et lieux de culte en France. C'est la première fois en France qu'un prêtre est tué dans une attaque djihadiste et le pape a condamné "un meurtre barbare" dans "un lieu sacré où s'annonce l'amour de Dieu".

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