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L'Europe pleurait samedi à Strasbourg l'une de ses plus illustres incarnations, l'ex-chancelier Helmut Kohl

KEYSTONE/AP/MICHEL EULER

(sda-ats)

L'Union européenne a rendu samedi un hommage inédit et plein d'émotion à l'ex-chancelier allemand Helmut Kohl. Une cérémonie organisée dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg a réuni une vingtaine de dirigeants avant ses funérailles à Spire.

Le cercueil d'Helmut Kohl recouvert du drapeau européen et porté par huit militaires allemands avait été installé sur un catafalque érigé au centre de l'hémicycle. Trois couronnes de fleurs ont été disposées devant le cercueil: l'une aux couleurs de la République fédérale d'Allemagne, l'autre au nom de l'UE et la troisième, au nom de son épouse, portait l'inscription "In Liebe, deine Maike".

Le Parlement européen avait été transformé en forteresse à cause de la menace terroriste et la sécurité des délégations a été assurée avec l'envoi de près de 2000 policiers et gendarmes en renfort.

"Helmut Kohl était un vrai Européen et un ami. L'Europe lui doit beaucoup", a souligné le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le seul des dirigeants européens encore en fonctions à l'avoir côtoyé.

Enorme héritage

Père de la réunification allemande, architecte de l'élargissement de l'UE et héraut de l'amitié franco-allemande, Helmut Kohl est décédé le 16 juin dernier à l'âge de 87 ans. Il a été chancelier pendant seize années (1982-1998) et son "héritage pour l'Europe est énorme", a insisté M. Juncker.

"Il voyait l'avenir", a-t-il ajouté. Sans Helmut Kohl, "l'Europe n'aurait pas l'euro" et "d'autres auraient sans doute échoué à réunifier l'Allemagne", a-t-il encore affirmé.

C'est la première fois dans son histoire que l'UE organisait un tel hommage. Il honorait un des trois dirigeants faits "citoyens d'honneur de l'Europe", a souligné Jean-Claude Juncker, initiateur de cette cérémonie. Les deux autres sont les Français Jean Monet, décédé en 1979, et Jacques Delors, âgé de 91 ans.

Beaucoup de dirigeants qui ont côtoyé Helmut Kohl, comme Jacques Delors, Valery Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et le président russe Mikhail Gorbatchev, n'ont pu se déplacer en raison de leur santé.

Avec Bill Clinton et Medvedev

Au total, 17 dirigeants de l'UE étaient présents, dont la première ministre britannique Theresa May. L'Espagne était représentée par son ancien souverain Juan Carlos et l'ex-chef du gouvernement Felipe Gonzalez, l'Italie par l'ancien président de la Commission européenne et ex-chef du gouvernement Romano Prodi, le Portugal par Jose Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission et ancien premier ministre.

La Suisse avait pour sa part délégué Markus Börlin, ambassadeur et représentant permanent de la Suisse auprès du Conseil de l'Europe.

Huit personnalités sont intervenues au micro: le président du Parlement européen Antonio Tajani, le président du Conseil européen Donald Tusk ainsi que M. Juncker pour la Commission européenne.

Puis, "à la demande de sa veuve", trois hommages ont été rendus par l'ancien premier ministre espagnol Felipe Gonzales, par l'ancien président américain Bill Clinton et par le premier ministre russe Dmitri Medvedev.

"Allié essentiel" pour Macron

Le président français Emmanuel Macron puis la chancelière allemande Angela Merkel, toute de noir vétue, ont prononcé les derniers hommages.

"Helmut Kohl fut pour la France un interlocuteur privilégié, un allié essentiel, mais il fut aussi plus que cela, il fut un ami", a insisté M. Macron dans son hommage. "Nous sommes ici pour saluer sa trace dans l'histoire", a ajouté le président français.

La dépouille mortelle de l'ancien chancelier devait ensuite être transportée à Spire, dans le Land de Rhénanie-Palatinat, où il devait être inhumé plus tard dans la journée. Sa veuve a refusé des funérailles nationales.

ATS