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Huit des dix accusés de la mosquée An'Nur reconnus coupables

L'un des dix accusés en compagnie de son avocat à la sortie du procès mardi. Huit ont été condamnés, deux acquittés.

KEYSTONE/WALTER BIERI

(sda-ats)

Huit des dix personnes accusées d'avoir agressé deux fidèles dans l'ancienne mosquée An'Nur à Winterthour (ZH) en novembre 2016 ont été reconnues coupables. Le Tribunal de district de Winterthour a prononcé mardi des peines de prison avec sursis et des renvois.

Sept prévenus ont écopé d'amendes et de peines d'emprisonnement de 6 à 18 mois, avec sursis. Deux d'entre eux, un Afghan et un Macédonien, ont en outre été condamnés à des renvois de territoire d'une durée de sept ans. Ils ont notamment été reconnus coupables de menaces, lésions corporelles et contrainte.

L'ancien imam de la mosquée, un Libyen, a lui été condamné à 180 jours-amendes avec sursis pour séquestration. Il échappe au renvoi en raison de sa situation familiale.

Deux accusés ont été acquittés. Un Tunisien qui a présidé l'association An'Nur reçoit une indemnité de 18'200 francs pour le temps passé en détention provisoire. Un autre prévenu, qui avait dit se trouver dans l'espace des femmes pendant l'agression, perçoit 34'400 francs. La cour n'a pas jugé le récit de ce dernier très crédible, mais les victimes ne l'ont pas explicitement désigné.

Agressés pour avoir transmis des infos à la presse

Les faits remontent au 22 novembre 2016. Deux fidèles maghrébins qui se trouvaient dans la mosquée, entretemps fermée, ont été séquestrés, frappés et menacés de mort par les huit personnes condamnées.

Leurs agresseurs s'en sont pris à eux, car ils avaient transmis des informations sur un imam éthiopien à un journaliste, suite à un prêche haineux contre les "mauvais musulmans". Sur la base de ces informations, l'imam concerné avait été condamné en 2017 à 18 mois de prison avec sursis et à un renvoi d'une durée de dix ans.

Le juge a expliqué que la chronologie des faits pouvait être retracée à la minute près et parfois même à la seconde près grâce aux comptes-rendus des conversations par messages électroniques, aux déclarations des personnes impliquées et aux relevés téléphoniques de la police.

Toutefois, même si les témoignages des plaignants ont été dans l'ensemble admis, ces derniers ont aussi été épinglés pour avoir parfois "exagéré" dans leurs propos. De plus, l'un d'entre eux a pris des photos dans la mosquée bien que cela soit interdit. Mais pour récupérer le téléphone, les agresseurs "sont allés trop loin", a estimé le juge.

L'accusation réclamait des peines plus sévères

Le Ministère public réclamait des peines de prison partiellement ferme allant jusqu'à trois ans. Il demandait en outre que les prévenus étrangers soient expulsés de Suisse durant dix ans. Dans son réquisitoire début octobre, la procureure avait dit qu'il s'agissait d'envoyer un signal fort contre des gens "qui placent leur religion au-dessus du système juridique de la Suisse".

La cour a fixé des peines moins lourdes notamment en raison du jeune âge des accusés et parce qu'à l'exception de l'un d'entre eux, leur casier était vierge. Le juge a aussi considéré que la "précondamnation massive" des prévenus dans les médias avait pesé en faveur de l'accusation.

La défense réclamait l'acquittement. Les accusés affirmaient être la cible d'une machination de la justice et des médias. L'un a prétendu que les blessures de l'une des victimes dataient d'avant ou alors qu'elle se les était peut-être infligées elle-même. Leurs avocats peuvent désormais faire appel devant le Tribunal cantonal de Zurich, tout comme le Ministère public.

La procureure a déclaré à Keystone-ATS à la sortie du tribunal mardi que le Ministère public déciderait d'un éventuel recours après la lecture du jugement écrit. "La cour a aujourd'hui montré très clairement que l'auto-justice n'était pas tolérée", s'est-elle réjouie.

Mosquée fermée

La mosquée An'Nur a fait plusieurs fois les gros titres, notamment en lien avec des voyageurs du djihad. Par la suite, la société immobilière propriétaire des locaux de la mosquée a mis fin au bail. L'association An'Nur, ne trouvant pas de nouvel endroit, s'est dissoute en été 2017.

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