Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

La piste criminelle était privilégiée mercredi après le décès de huit personnes, dont deux enfants, lors d'un incendie dans leur immeuble d'habitation à Paris. Le sinistre, qui a aussi fait quatre blessés, est le plus grave depuis 2005 dans la capitale française.

"J'ai vu des flammes, j'ai vu des corps par terre inanimés", a raconté Tissem Ferjani, une pâtissière qui habite dans ce quartier populaire de Paris. "Il était à peu près quatre heures du matin, j'ai été réveillée par les cris, les gens criaient à l'aide, ils n'avaient pas de choix, soit ils restaient chez eux et ils mouraient soit ils sortaient par la fenêtre et ils tombaient. Tous les habitants du quartier sont sortis pour essayer d'aider."

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré sur la radio Europe 1 que "la piste criminelle était privilégiée". Le parquet de Paris a dit avoir chargé la brigade criminelle de la police judiciaire de l'enquête. "Tout est mis en oeuvre pour faire la lumière sur l'origine de ce drame", a assuré le président François Hollande dans un communiqué.

Un homme "qui pourrait avoir été présent" sur les lieux de l'incendie a été interpellé et placé en garde à vue, a-t-on appris de sources proches de l'enquête. Cet homme âgé d'une trentaine d'années a été interpellé par la brigade anticriminalité "à la suite de l'exploitation des premiers témoignages et des images de vidéosurveillance, mais on reste très prudents, ce n'est que le début de l'enquête", a dit une de ces sources à l'AFP.

Il avait sur lui une bougie et un briquet au moment de son arrestation. Cet homme connu de la police, notamment pour des affaires de stupéfiants, de vols et de dégradations de biens privés, a des antécédents psychiatriques, ont précisé des sources judiciaire et proche de l'enquête.

Deux départs de feu successifs

En cause, deux départs de feu successifs à deux heures d'intervalle dans la nuit de mardi à mercredi, entre 02h00 et 04h00, dans ce même immeuble d'un quartier populaire et d'immigration au sein du 18e arrondissement, dans le nord de Paris. Il y a donc eu "deux interventions différentes à la même adresse", a dit sur place un porte-parole des pompiers, le commandant Gabriel Plus.

Le premier était un feu de papiers "limité", les victimes sont mortes à la suite du second départ de feu. "Il est évident que quand on a deux appels dans la même nuit, on ne peut pas ignorer que ça peut être un acte de malveillance", a commenté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Personnes vues s'éloignant en courant

Une ou des personnes auraient été vues s'éloigner en courant après le départ du feu. La police cherche à savoir s'ils sont impliqués, selon les premiers éléments de l'enquête.

Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu sur les lieux, a déploré un "bilan très lourd". Parmi les personnes décédées, deux se sont défenestrées face à la progression des flammes, les autres sont mortes intoxiquées, selon les pompiers. Ceux-ci sont parvenus à sortir sept survivants du brasier. le feu a pu être maîtrisé vers 08h00.

Le feu s'est déclaré au rez-de-chaussée de l'immeuble avant de se propager dans la cage d'escalier, a précisé une source proche de l'enquête. Selon Bernard Cazeneuve, le bâtiment avait fait l'objet d'une "rénovation récente" et était "sécurisé" par un "digicode".

Il s'agit de l'incendie le plus meurtrier depuis 2005 à Paris, année où une vague de feux avait fait une cinquantaine de morts dans la capitale.

ATS