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Ignazio Cassis appelle l'économie à s'engager dans le débat

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s'est exprimé lors d'une conférence au sujet des relations Suisse-Europe à l'EPFL.

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

L'économie doit s'engager dans le débat sur les relations Suisse-Union européenne, a plaidé à Lausanne Ignazio Cassis. Le conseiller fédéral a souligné que l'accord institutionnel n'était qu'"une question procédurale" à régler au plus vite.

"L'économie doit sortir du bois", a lancé jeudi à l'EPFL le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Il était l'invité du canton de Vaud et s'est exprimé devant un millier de représentants du monde économique.

Brexit: un poison pour la Suisse

Tout au long de son intervention, le Tessinois a insisté sur l'importance de normaliser les relations Suisse-UE et de régler cette année le différend sur l'accord institutionnel. Si ce n'est pas fait en 2018, cela reporte à 2021 au moins, a-t-il averti en évoquant les élections suisses et européennes en 2019, puis la tension maximum qui naîtra en 2020 du Brexit, "un poison pour la Suisse".

Cet accord-cadre n'est qu'"une question procédurale, une petite affaire", a déclaré Ignazio Cassis, cherchant à parler le moins possible de politique. "Rien n'est fait si ce n'est pas dans l'intérêt de la Suisse. Cette banalité a calmé la moitié de la Suisse", a-t-il assuré.

Jusqu'à la nausée

La Suisse ne reprendra pas automatiquement le droit européen: "Il faut le dire jusqu'à la nausée", a poursuivi le conseiller fédéral en cherchant à rassurer son auditoire. "Sortez du bois, dites ce que vous voulez. Ce silence, il tue", a encore relevé Ignazio Cassis.

A titre d'exemple, l'accord sur les marchés financiers n'est plus à l'ordre du jour. Les assurances n'en veulent pas, les grandes banques et les banques cantonales non plus. Reste les banques privées, surtout à Genève. Mais comme elles ne représentent même pas 20%, alors "on fait pas", a martelé le chef du DFAE.

Baisser les impôts

En première partie de soirée, le conseiller d'Etat vaudois Pascal Broulis a plaidé en faveur d'une adoption rapide de la réforme de la fiscalité des entreprises (PF 17), "la priorité des priorités". Le grand argentier a remis comme cadeau au conseiller fédéral une boîte à musique de Sainte-Croix, "ma commune". Une simple précision qui a suscité toutes sortes de réactions dans la salle.

Ce que Pascal Broulis a peut-être moins apprécié, c'est l'intervention du directeur du Centre patronal vaudois. Christophe Reymond a plaidé avec virulence pour une diminution de l'imposition des personnes physiques et dénoncé le taux prohibitif de l'impôt sur la fortune qui décourage les entrepreneurs. "Beaucoup reste à faire dans le canton de Vaud", a critiqué le responsable.

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