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On ne peut pas laisser les cantons dans leur coin, selon Antoinette De Weck.

KEYSTONE/ANTHONY ANEX

(sda-ats)

Les réfugiés et les personnes admises provisoirement devraient travailler plutôt que dépendre de l'aide sociale, selon la conférence suisse des institutions d'action sociale. Elle réclame des efforts de Berne pour mieux les former professionnellement.

Les mesures d'intégration prises jusqu'à maintenant sont insuffisantes et les coûts de l'aide sociale risquent d'augmenter massivement, avertit la conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS) vendredi devant les médias à Berne.

Parmi les réfugiés reconnus, un sur deux est toujours sans emploi après dix ans. Du côté des personnes admises à titre provisoire, cette part monte à trois quarts. Les requérants d'asile ne remplissent souvent pas les conditions du marché du travail en Suisse.

Face à ces chiffres, il faut agir "sinon on va vers la catastrophe", a déclaré devant la presse Felix Wolffers, co-président de la CSIAS.

Celle-ci demande que l'Etat et l'économie investissent davantage dans la qualification professionnelle. "Il faut qualifier les réfugiés, pas seulement les occuper", a souligné Kurt Zubler, co-président de la conférence suisse des délégués cantonaux, communaux et régionaux à l'intégration.

20'000 francs par tête

La CSIAS a présenté une batterie de revendications qui doivent remplir cet objectif. Il s'agit par exemple de créer rapidement 5000 places supplémentaires dans les programmes de travail, de proposer un accompagnement individuel et de mettre en place des mesures incitatives pour les employeurs comme des contributions à l'initiation au travail.

Autre revendication: augmenter le montant des forfaits d'intégration fédéraux, qui s'élève actuellement à 6000 francs par personne. Il faudrait environ 20'000 francs pour former de manière adéquate un réfugié et l'intégrer au monde du travail, avance le co-président de la CSIAS. Les Suisses à la recherche d'un emploi doivent aussi pouvoir profiter de ces mesures.

Concrètement, cette intégration doit se faire en deux phases. La première doit préparer à l'insertion professionnelle grâce à des cours de langue, des premières expériences dans le monde du travail ou des stages.

La seconde phase est la qualification professionnelle ou le placement sur le marché du travail, notamment par le biais d'un apprentissage. Les entreprises jouent ici un rôle important.

Prise en main par Berne

Pour ce faire, une coordination sur trois niveaux - entre la Confédération, les cantons et communes - est nécessaire. Mais la prise en main doit venir de Berne.

"L'intervention de la CSIAS est un cri d'alerte, on ne peut pas laisser les cantons se débrouiller seuls", a lancé Antoinette de Weck, vice-syndique de la ville de Fribourg et en charge des affaires sociales.

"Il y a de bonnes pratiques au niveau cantonal qui doivent être connues", explique Mme de Weck citant en exemple les Grisons qui parviennent le mieux à intégrer professionnellement les réfugiés. Mais nous ne connaissons pas leur "méthode", regrette-t-elle. Laisser chaque canton appliquer sa recette dans son coin ne fait pas sens.

A côté de la Confédération, des cantons et communes, la CSIAS estime que l'économie ainsi que les réfugiés et les personnes admises provisoirement doivent aussi s'impliquer.

Il faut conclure des accords contraignants avec les entreprises. Les personnes bénéficiant d'un droit de séjour doivent être tenues de suivre une formation professionnelle; il est nécessaire d'examiner une modification de la loi en ce sens, préconise la CSIAS.

"Ne rien faire est pire"

Les mesures supplémentaires d'intégration au marché du travail ont toutefois un prix: l'association estime les coûts à environ 100 millions de francs par année. Mais l'investissement en vaut la peine, car sur le long terme "des coûts énormes pourraient être épargnés".

Une personne à l'aide sociale coûte environ 25'000 francs par an. Si l'on peut réduire en moyenne d'une année le recours à l'aide sociale des personnes liées à l'asile, les coûts supplémentaires engendrés par les mesures d'intégration sont d'ores et déjà couverts. "Ne rien faire est la plus chère et la pire des variantes", conclut Felix Wolffers.

ATS

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