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Le découvreur du LSD Albert Hofmann - au centre, honoré d'un bouquet de roses - avait encore participé en 2006 à l'âge de 100 ans à un symposium à Bâle intitulé "LSD - enfant terrible et drogue miracle" (archives).

KEYSTONE/PATRICK STRAUB

(sda-ats)

Le LSD a 75 ans. C'est le 16 avril 1943 à Bâle que le chimiste suisse Albert Hofmann a découvert les effets hallucinogènes de cette substance indissociable du mouvement psychédélique des années 1960.

Albert Hofmann, né à Baden (AG) en 1906, étudiait les alcaloïdes de l'ergot de seigle dans les laboratoires pharmaceutiques du groupe Sandoz lorsqu'il a découvert en 1938 un 25e composé, le diéthylamide de l'acide lysergique. En abrégé, LSD 25.

Les tests sur les animaux ne semblaient alors rien donner. Médecins et pharmacologues ont délaissé la substance. Albert Hofmann était pourtant persuadé que le LSD pouvait avoir des propriétés intéressantes.

Premier trip d'acide

Le 16 avril 1943, c'est le premier trip d'acide pour le chimiste. Alors qu'il manipulait du LSD, une goutte tombe sur sa main. D'étonnantes sensations envahissent Albert Hofmann: angoisse, vertige, visions surnaturelles, bonheur et gratitude.

Trois jours plus tard, il teste une nouvelle fois la substance. Les effets sont similaires. A cette époque, Albert Hofmann n'imagine pas que sa découverte sera glorifiée par des millions de personnes, écrira-t-il par la suite dans son livre "LSD - Mon enfant terrible".

Le chimiste destinait avant tout sa découverte à des utilisations en psychiatrie ou en neurologie. Sandoz a produit du LSD 25 en dragées et en ampoules pour le corps médical entre 1947 et 1966.

Aide efficace

L'Université de Zurich effectue une première expérience sur l'homme et publie un rapport en 1947. Le LSD est considéré comme une aide efficace pour le thérapeute: il met en évidence les problèmes des patients, alors qu'un tranquillisant les occulte.

Les expériences se sont multipliées. Le LSD a notamment été testé pour désintoxiquer les alcooliques. Des cancéreux sans espoir de guérison en ont ingurgité: l'acide a bouleversé leur attitude face à la mort et à leur destin.

Les médias ont alors commencé à s'intéresser à cette substance et à ses effets. A la fin des années 1950 et au début des années 1960, le LSD est la drogue numéro un, surtout aux Etats-Unis. L'armée américaine teste la substance sur des soldats.

Un monde nouveau

Les artistes expérimentent à leur tour. Ils découvrent un monde nouveau et intérieur qui influence leur production: l'art psychédélique est né. Un auteur écrit à l'époque: "Le LSD est le Christ du 20e siècle sous forme chimique".

Au début des années 1960 à San Francisco, on organisait des "Acid Tests". Ces soirées réunissaient des artistes et musiciens de la génération hippie et "flower power" comme les Grateful Dead, Jefferson Airplane ou encore Santana.

Le LSD a même eu son apôtre, Timothy Leary, psychologue à l'Université Harvard et gourou de la génération hippie, décédé en 1996 à l'âge de 75 ans. L'expression "Timothy Leary tickets" était utilisée pour désigner les petits carrés de buvard imbibés de LSD.

En 1963, le brevet de fabrication du LSD arrive à échéance. La substance est placée sur la liste des stupéfiants interdits aux Etats-Unis en 1966. Sandoz arrête la production la même année.

La consommation non médicale ne cesse pas pour autant, mais elle devient marginale. D'autres drogues apparaissent. Par la suite, le LSD connaît un regain de popularité dans les années 1990 avec l'apparition des "raves" où il côtoie l'ecstasy.

"Pas une drogue de plaisir"

Albert Hofmann, lui, n'a cessé de répéter jusqu'à sa mort en 2008 à l'âge de 102 ans que le LSD n'est pas une "drogue de plaisir", et que son absorption à la légère peut être "extrêmement dangereuse".

Le LSD a des effets similaires à des "drogues sacrées utilisées au Mexique", déclarait-il dans un entretien avec l'ats en 2006 pour son centième anniversaire. Comme certaines d'entre elles, il peut toutefois produire des miracles s'il est intégré à une cérémonie rituelle avec l'accompagnement nécessaire.

Albert Hofmann est mort il y a dix ans, le 29 avril 2008. Son "enfant terrible", lui, conserve des aficionados, et pas seulement sur le marché noir. Depuis de nombreuses années, des scientifiques réclament un assouplissement de l'interdiction pour la recherche et la thérapie.

La recherche reprend

Plusieurs études ont bénéficié d'autorisations spéciales ces dernières années, en Suisse et ailleurs. Le LSD et d'autres hallucinogènes, la psilocybine extraite de certains champignons par exemple, intéressent les chercheurs.

Une équipe bâloise a ainsi montré en 2017 que le LSD réduit l'activité de l'amygdale, une région cérébrale centrale pour la gestion des émotions négatives, la peur en particulier. Des effets jugés intéressants pour le traitement de la dépression, des dépendances ou des troubles anxieux.

Parmi ses nombreuses propriétés, le LSD est réputé pour réduire les frontières entre soi-même et autrui. En mars dernier, des scientifiques zurichois ont identifié un récepteur cérébral impliqué dans ce phénomène. Des travaux qui pourraient déboucher sur de nouveaux médicaments contre la schizophrénie ou la dépression.

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ATS