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L'imam éthiopien est accusé d'avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants dans la mosquée An'Nur à Winterthour (archives).

KEYSTONE/WALTER BIERI

(sda-ats)

Un imam éthiopien de la mosquée An'Nur, à Winterthour (ZH), a été inculpé vendredi pour avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants. Le Ministère public a requis une peine de prison de 18 mois avec sursis et l'expulsion de Suisse pendant 15 ans.

La procédure pénale contre l'imam a été ouverte en novembre 2016 pour provocation publique au crime ou à la violence. L'inculpation a été officiellement prononcée le 2 août, a indiqué vendredi le procureur général du canton de Zurich.

Le Ministère public accuse l'imam d'avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants lors d'une prédication dans la mosquée An'Nur à Winterthour le 21 octobre 2016. Le prédicateur a été arrêté le 2 novembre 2016. Il est en détention préventive depuis le 4 novembre 2016. La mosquée est toujours fermée.

Images de meurtres sur Facebook

Le procureur général reproche aussi à l'imam d'avoir posté sur Facebook des représentations brutales de meurtres et de les avoir mises à disposition d'autres personnes. L'Ethiopien est aussi accusé d'avoir travaillé pendant quatre semaines sans disposer des autorisations nécessaires et d'avoir ainsi violé la loi sur les étrangers.

Trois autres personnes ont été arrêtées lors de la razzia policière dans la mosquée An'Nur le 2 novembre. Le président de l'association qui chapeaute la mosquée a été libéré le même jour et une autre personne proche proche de l'association le jour suivant. Ils n'avaient aucun lien avec la prédication appelant au meurtre de musulmans non pratiquants.

La troisième personne arrêtée est un membre de la direction de l'association. Cet homme est resté en détention préventive jusqu'au mois de décembre 2016. Sur les trois procédures pénales ouvertes après ces arrestations, deux sont achevées et la troisième est en passe de l'être. On ne sait pas encore si des inculpations seront prononcées.

Contrat de location pas prolongé

La communauté religieuse An'Nur qui chapeaute la mosquée a cessé ses activités. En mai dernier, elle annonçait sa dissolution pour la fin du ramadan. La société immobilière qui louait les locaux occupés par la mosquée a refusé de prolonger le bail de la communauté religieuse à long terme.

La mosquée a fait la une des journaux à plusieurs reprises. L'association qui chapeaute la mosquée est soupçonnée d'être mêlée aux départs de djihadiste en Syrie.

Djihadiste salué devant la mosquée

En mars dernier, le Tribunal fédéral a confirmé la peine de 18 mois de prison avec sursis infligé à un djihadiste, arrêté en 2015 et qui voulait rejoindre les rangs de l'organisation Etat islamique. Le TF avait alors souligné que l'intéressé avait été ostensiblement salué, quatre jours avant son départ, devant la mosquée An'Nur par toutes les personnes qui sortaient de l'édifice.

En février dernier, neuf personnes, dont un adolescent de 17 ans, ont été placées en détention préventive. Elles sont soupçonnées d'avoir agressé, frappé et séquestré deux personnes dans la mosquée An'Nur le 22 novembre 2016.

Les suspects auraient aussi menacé de mort les familles des deux personnes agressées. Ils auraient accusé leurs victimes d'avoir donné à des journalistes des informations sur le prédicateur éthiopien qui a appelé au meurtre de musulmans non pratiquants.

ATS