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Imbroglio allemand: Angela Merkel dans la dernière ligne droite

La chancelière allemande Angela Merkel n'est pas dans une position enviable, coincée entre une partie de sa famille conservatrice qui demande un coup de barre à droite pour freiner l'extrême droite, et la nécessité d'un compromis avec les sociaux-démocrates, sous pression de son aile gauche.

KEYSTONE/AP dpa/SINA SCHULDT

(sda-ats)

Dimanche, lundi ou mardi. Angela Merkel espère pouvoir annoncer la formation d'un gouvernement avec les sociaux-démocrates et enfin sortir d'un interminable imbroglio post-électoral qui l'a affaiblie en Allemagne comme en Europe.

Les législatives de septembre ont laissé la première économie d'Europe sans majorité. Depuis quatre mois, les conservateurs de la CDU/CSU cherchent des solutions. Et depuis début janvier, ils tentent de convaincre avec des concessions sur la santé, le droit du travail, l'Europe ou encore les retraites un SPD réticent à renouveler pour quatre ans la grande coalition, ou GroKo, sortante.

Les deux camps rouvrent leurs débats vers 10h00 et se sont fixés comme objectif un compromis dimanche soir. Mais avec l'option de prolonger les pourparlers lundi et mardi. "J'espère que nous allons réussir mais les problèmes ne sont pas encore résolus", a reconnu la chancelière vendredi.

Le début de semaine prochaine s'annonce néanmoins comme une date butoir, tant l'Allemagne s'impatiente. Quelque 71% de ses habitants disent ne pas comprendre pourquoi "la formation du gouvernement prend autant de temps", selon une enquête de la télévision publique ARD.

Deux scénarios inédits

Si Mme Merkel échoue, elle devra soit se résoudre à entamer son quatrième mandat de chancelière en tentant de former un instable gouvernement minoritaire, soit accepter la tenue de nouvelles élections à haut risque qui pourraient profiter avant tout à l'extrême droite. Les deux scénarios seraient des premières pour l'Allemagne d'après-guerre.

De son côté le SPD, laminé aux législatives (20,5%) et en chute dans les sondages depuis, est divisé. Nombre de cadres en veulent à leur chef Martin Schulz d'être revenu sur sa promesse d'un virage à gauche et de ne pas négocier avec Mme Merkel. Or les militants auront le dernier mot sur l'éventuel accord de coalition, lors d'un vote postal étalé sur plusieurs semaines en février ou mars.

La chancelière n'est donc pas dans une position enviable, coincée entre une partie de sa famille conservatrice qui demande un coup de barre à droite pour freiner l'extrême droite, et la nécessité d'un compromis avec les sociaux-démocrates, sous pression de son aile gauche. Une partie de la presse allemande se montre d'ailleurs sans concession à l'égard des deux partis qui, ensemble ou par alternance, dirigent l'Allemagne depuis 1949.

"Exaspérants"

La Süddeutsche Zeitung dénonce ainsi leur quête du "plus petit dénominateur commun" pour fonder une GroKo "sans idée directrice" tournée vers l'avenir. Leurs règlements de comptes publics en marge des négociations agacent aussi dans un pays bâti sur l'idée d'un dialogue politique consensuel.

"Ils sont hésitants, exaspérants et se chamaillent. Mais surtout, ils sont sans inspiration", assène le quotidien qui appelle Mme Merkel et M. Schulz à se ressaisir ou alors à "laisser la voie libre à d'autres chefs ou à des élections anticipées".

"C'est cette manière de faire de la politique qui a coûté 14 points aux élections (à la CDU et au SPD) et ça va continuer", juge Kevin Kühnert, chef des jeunes sociaux-démocrates et figure de proue des anti-GroKo.

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