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Plusieurs incendies survenus en Haute-Singine dans le canton de Fribourg ont troublé la population ces derniers mois. Les cas criminels n'y sont pourtant pas plus fréquents qu'ailleurs, mais les enquêtes y sont ardues car les citoyens coopèrent peu.

Parmi les cas les plus récents et spectaculaires figure l'incendie de l'Hôtel Kaiseregg à Planfayon en janvier dernier. Une cause criminelle semble probable mais l'enquête n'a pas encore livré de résultats définitifs.

Sur 253 incendies déclarés dans le canton en 2014, 53 ont nécessité des investigations approfondies dont sept en Singine. Ce district n'est pas plus touché que les autres, comme le montrent aussi les statistiques des deux dernières décennies. Et au-delà du feu, tous délits confondus, c'est le moins touché par la criminalité, a relevé lundi Florian Walser, chef de la police de sûreté.

La police et le Ministère public fribourgeois ont souhaité clarifier ce point car ils constatent que les incendies non élucidés suscitent questions et rumeurs dans la population, voire même la crainte qu'un pyromane en série soit à l'oeuvre. Mais leur conférence de presse avait aussi pour but d'appeler à une meilleure collaboration de la part des citoyens.

Population moins coopérante

Les enquêtes en Singine ont démontré une cause humaine pour bon nombre d'incendies sans pour autant permettre d'identifier les auteurs. Ces résultats mitigés malgré les gros moyens humains, techniques et financiers engagés sont frustrants pour les enquêteurs mais aussi à l'égard de l'argent public dépensé, note Florian Walser.

Un exemple: l'incendie criminel d'une écurie au Stoss à Planfayon en mars 2014. L'affaire est toujours en suspens malgré 400 heures d'enquête, une soixantaine d'auditions et des contrôles techniques coûtant plus de 20'000 francs.

Les dépositions sont tombées au compte-gouttes, avec une certaine retenue. "On sent clairement que les gens savent quelque chose mais ne disent rien", explique le procureur général adjoint Markus Julmy.

La police et le Ministère public observent que les investigations sont plus difficiles dans cette région. La population y est moins coopérante, que ce soit pour des raisons politiques, personnelles, ou autres selon les cas. Ils l'appellent à collaborer davantage.

Mais pas de soupçons vaseux

Tous deux mettent toutefois l'accent sur la qualité des témoignages: seules les véritables informations aident à élucider les affaires. En revanche, les soupçons infondés et les mensonges entravent les enquêtes, portent atteinte à la personnalité de certains individus et suscitent une inquiétude collective inutile.

Cet aspect est particulièrement épineux pour certains incendies criminels dont les motivations ne sautent pas aux yeux. Les indices principaux ne se trouvent alors pas forcément sur le site du sinistre mais davantage dans la population, souligne M. Julmy.

Pour l'incendie criminel du pont du Höllbach à Plasselb en janvier 2013, il a fallu faire un tri entre les vagues suppositions personnelles et les informations utiles issues de la population. Ces dernières ont été rares. L'affaire n'est toujours pas close, à l'instar de plusieurs autres en Singine.

ATS