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Irak: les politiques désunis face au "calife" al-Baghdadi

Ce contenu a été publié le 06 juillet 2014 - 20:52
(Keystone-ATS)

L'Irak s'enfonce dans la crise. Alors que le Parlement doit se réunir mardi, les politiques peinent à faire front commun. S'ajoute l'offensive des militants de l'Etat islamique (EI) emmenés par le "calife" Baghdadi qui, ce week-end, a réclamé allégeance à tous les musulmans.

Les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont proclamé il y a une semaine l'établissement d'un califat sur les territoires qu'ils ont conquis en Irak et en Syrie voisine. Ils ont ensuite changé le nom de leur groupe en "Etat islamique" (EI).

Ils ont aussi proclamé Abou Bakr al-Baghdadi comme "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde. Ce dernier est apparu pour la première fois au grand jour vendredi, un changement de stratégie pour cet habitué à agir dans l'ombre.

Il s'est exprimé lors d'un prêche à Mossoul (nord), la deuxième ville du pays, conquise aux premières heures de l'offensive de l'EI. Le lendemain, une vidéo était postée sur les sites jihadistes.

Indignation des islamistes

Dans ce document, qui n'a pu encore être authentifié, al-Baghdadi déclare: "Je suis le Wali (leader) désigné pour vous diriger, mais je ne suis pas meilleur que vous. Si vous pensez que j'ai raison, aidez-moi et si vous pensez que j'ai tort conseillez-moi et mettez-moi sur le droit chemin (...) Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous", a-t-il ajouté.

L'annonce de l'établissement du califat par ces jihadistes, accusés des pires atrocités, a suscité plus d'indignation que de ralliement parmi les groupes islamistes. Ces derniers aspirent pourtant à l'édification d'un Etat fondé sur la charia.

Ambitions personnelles

Mais il risque d'agir comme un aimant pour les plus fanatiques. Pour autant, la classe politique irakienne semble incapable de prendre la mesure du danger et de mettre de côté divergences et ambitions personnelles.

Mardi passé, la séance inaugurale du nouveau Parlement s'est révélée désastreuse, les députés s'invectivant ou quittant la salle. L'assemblée doit se réunir ce mardi pour tenter de se choisir un président, puis élire un président de la République chargé de désigner le prochain Premier ministre.

Des têtes tombent

Sur le terrain, les forces gouvernementales ne progressent pas. Cela en particulier à Tikrit (nord), ancien bastion de Saddam Hussein où elles ont lancé une contre-offensive il y a huit jours.

Alors que les autorités avaient déjà annoncé le 18 juin une série de limogeages parmi les hauts commandants de l'armée, un porte-parole de M. Maliki a indiqué samedi soir que le commandant des forces terrestres Ali Ghaidan avait été "mis à la retraite", de même que le chef de la police fédérale Mohsen al-Kaabi.

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