Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

A Téhéran, les élections se sont décidées au 1er tour déjà. Les réformistes et modérés ont emporté l'intégralité des 30 sièges (archives).

/EPA/ABEDIN TAHERKENAREH

(sda-ats)

Les Iraniens votaient vendredi pour le second tour des élections législatives. Les réformateurs et modérés espèrent l'emporter pour former une assemblée favorable à la politique d'ouverture du président Hassan Rohani.

Le scrutin s'est déroulé dans le calme hormis des échanges de tirs survenus à Mamasani, dans le sud de l'Iran, entre partisans des deux candidats locaux rivaux, qui ont fait quatre blessés, selon l'agence de presse Isna.

Il a été prolongé pour permettre aux derniers électeurs de pouvoir se rendre aux urnes et les résultats définitifs devraient être annoncés samedi, selon le ministère de l'Intérieur.

Accord: peu de retombées

Ce second tour intervient un peu plus de trois mois après l'entrée en vigueur de l'accord entre les grandes puissances et l'Iran sur son programme nucléaire et la levée d'une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran.

Mais, en l'absence de retombées économiques concrètes suivant la fin des sanctions, l'exaspération commence à se faire sentir en Iran.

Dix-sept millions d'électeurs sont appelés à voter, contre 55 millions au premier tour du 26 février, pour élire 68 des 290 députés. Le scrutin se déroule notamment dans les grandes villes comme Tabriz (nord-ouest), Shiraz (sud) ou Ahvaz (sud-ouest).

La plupart des ultraconservateurs ayant perdu au premier tour, l'assemblée pourrait être composée de députés réformateurs et modérés pro-Rohani, ainsi que de conservateurs modérés et pragmatiques plus conciliants à l'égard de la politique du président.

Participation "impressionnante"

Selon Mohammad Hossein Moghimi, responsable des élections au ministère de l'Intérieur "la présence des électeurs est impressionnante" à travers le pays.

Ils étaient cependant peu nombreux à la mi-journée dans les bureaux à Robat Karim, une ville au sud-ouest de Téhéran. "Si le Parlement est dans la ligne du gouvernement, les choses iront mieux", y a affirmé en votant Mehdi Saadatmandi, un retraité de 50 ans.

Zahra Karimdoost, une enseignante de 35 ans, explique avoir elle voté conservateur, car "il faut protéger le pays contre (...) l'infiltration" de l'Occident.

Issue incertaine

Un total de 221 députés ont été élus dès le premier tour, presque à égalité entre les deux camps, réformateurs/modérés et conservateurs, ainsi qu'une quinzaine d'indépendants.

Les 30 sièges de Téhéran, auparavant tous détenus par les conservateurs, ont été remportés par les réformateurs et modérés (ou alliés) soutenant la politique d'ouverture du président Rohani.

Selon les médias, les conservateurs disposent de plus de candidats que les réformateurs pour ce second tour, mais l'issue du scrutin reste incertaine, la participation étant en général moins forte pour le second tour des législatives. Elle avait été de 62% le 26 février.

Les résultats définitifs devraient être annoncés samedi, selon le ministère de l'Intérieur.

Au moins 13 femmes

Le nouveau Parlement, qui comprendra au moins 13 femmes élues au premier tour contre 9 dans le Parlement sortant, se réunira fin mai pour élire son nouveau chef. Le président conservateur modéré sortant Ali Larijani et le chef de file des réformateurs et modérés Mohammad Reza Aref devraient être en lice.

Contrairement aux plus radicaux de son camp, Ali Larijani a défendu l'accord historique de juillet 2015 sur le nucléaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Un an avant la présidentielle de 2017 à laquelle il devrait se représenter pour un second mandat de quatre ans, le président Rohani mise sur les retombées de cet accord pour faire baisser le chômage qui touche 11% de la population active, près de 25% de jeunes.

Etats-Unis accusés

L'ayatollah Ali Khamenei, l'homme fort du pays qui a la main sur les grands dossiers nationaux et internationaux, a récemment a accusé "l'ennemi" historique, les Etats-Unis, de faire pression sur les pays européens afin d'empêcher l'Iran de bénéficier concrètement de l'accord, incitant ses compatriotes à privilégier "l'économie de résistance", axée sur la production nationale.

Les grandes banques européennes hésitent à intervenir en Iran, inquiètes de possibles représailles de la part de Washington.

ATS