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l'ultranationaliste Avigdor Lieberman (g) en discussion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (archives).

KEYSTONE/AP/TSAFRIR ABAYOV

(sda-ats)

Le parti du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le Likoud, a conclu dans la nuit de mardi à mercredi un accord avec la formation de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman pour le faire entrer au gouvernement. Celui-ci sera le futur ministre de la Défense.

Après une semaine de laborieuses discussions, le Likoud et Israël Beiteinou, les partis de M. Netanyahu et Lieberman, ont annoncé s'être entendus dans la nuit pour que M. Lieberman prenne le portefeuille de la Défense et qu'un autre membre de sa formation devienne ministre de l'Absorption, autrement dit de l'immigration.

"La première chose à laquelle je m'engage, c'est une politique responsable, raisonnable", a dit devant la presse M. Lieberman, connu pour ses diatribes anti-arabes et appelé à un poste crucial de supervisant les Territoires palestiniens. Il a aussi promis une "politique équilibrée". L'accord signé devrait déboucher sur le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Il permet à M. Netanyahu de disposer d'une majorité parlementaire de 66 voix sur 120, et non plus seulement 61. Depuis sa victoire surprise aux législatives de mars 2015, il cherchait à élargir une majorité qui ne tenait qu'à une voix et le laissait à la merci des caprices du moindre de ses alliés.

Détesté des Palestiniens

Quelques jours avant d'engager les négociations avec M. Netanyahu, M. Lieberman accusait le gouvernement de manquer de fermeté face aux attaques palestiniennes et de ne pas construire dans les grands blocs de colonies de Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

Agé de 57 ans, M. Lieberman, figure détestée des Palestiniens, remplace à la Défense Moshé Yaalon, considéré en Israël comme un avocat de la retenue et des mesures d'apaisement envers les Palestiniens face aux durs du gouvernement.

Le retour de M. Lieberman "est une preuve supplémentaire du fait que M. Netanyahu préfère promouvoir l'extrémisme", avaient commenté les Affaires étrangères palestiniennes sans attendre la confirmation d'un accord gouvernemental. Pour elles, le rappel de M. Lieberman "constitue la réponse de Netanyahu" aux efforts de la France et de la communauté internationale pour ranimer l'effort de paix moribond.

M. Netanyahu a signifié que le retour de celui qui fut son mentor puis son ministre des Affaires étrangères (2009-2012 et 2013-2015) ne changerait pas les orientations gouvernementales. "Un gouvernement élargi continuera à aspirer à un processus politique avec les Palestiniens", a-t-il déclaré dimanche.

Pas hostile à la création d'un Etat palestinien

A la différence de plusieurs autres membres d'un gouvernement qui fait la part belle aux nationalistes religieux et à la droite du Likoud, M. Lieberman n'est pas hostile à la création d'un Etat palestinien. Mais il défend un échange de territoires qui ferait passer sous administration palestinienne une partie de la minorité arabe d'Israël en échange des colonies de Cisjordanie. Cette idée est inacceptable pour les Palestiniens.

Différents commentateurs assuraient que M. Lieberman, dans l'exercice du gouvernement, se montrerait pragmatique. Ils prédisaient aussi que ce serait M. Netanyahu qui tirerait les ficelles. Les deux hommes se sont durement confrontés par le passé et M. Lieberman a récemment décrit le premier ministre comme "un menteur, un tricheur et une crapule".

M. Lieberman a renoncé à certaines des conditions qu'il avait posées qui, de la part de ce fervent laïc, portaient sur le mariage civil ou la conscription des ultra-orthodoxes. Mais elles heurtaient précisément la composante ultra-orthodoxe du gouvernement.

ATS