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Israël a libéré mardi des centaines de clandestins africains. Cette démarche suit une décision de justice qui va à l'encontre de la politique gouvernementale cherchant à contenir l'arrivée de migrants.

Les migrants libérés, des Soudanais du Darfour fuyant la guerre et la misère pour un grand nombre, ont quitté le centre de rétention de Holot, situé dans le désert du Néguev (sud), en tirant de grosses valises.

Il est prévu que 1178 personnes soient libérées mardi et mercredi, a indiqué Sivan Weitzman, porte-parole de l'autorité pénitentiaire. Il a précisé que 750 clandestins avaient déjà quitté mardi le centre de rétention de Holot, l'un des plus importants lieux de détention pour les clandestins.

De nombreux migrants ne sachant pas où aller ont rejoint des abribus pour prendre les transports en commun. Mais les autorités leur ont interdit les villes de Tel Aviv (ouest) et Eilat (sud) pour empêcher une trop forte concentration et de possibles tensions avec la population.

La troisième fois

"On ne sait pas où aller. Où va-t-on dormir ce soir?", s'interroge Salah, un Soudanais de 33 ans qui réside depuis neuf ans en Israël, dont 20 mois passés à Holot. "On nous a donné un papier disant qu'il était interdit d'aller à Eilat ou Tel Aviv alors que c'est là qu'on connaît des gens".

En vertu d'un arrêt du 11 août de la Cour suprême, Israël a été contraint de libérer sous deux semaines des clandestins détenus depuis plus d'un an dans le centre. La Cour a également cassé une disposition permettant de détenir jusqu'à 20 mois des clandestins sans jugement.

C'est la troisième fois en deux ans que la plus haute instance judiciaire s'oppose à la détention prolongée de clandestins, en très grande majorité africains.

Statut au compte-goutte

Selon l'Onu, Israël abrite 53'000 réfugiés et demandeurs d'asile. La plupart d'entre eux sont entrés illégalement via le Sinaï égyptien. Israël étant pour eux le seul pays avec un niveau de vie élevé qui est accessible à pied.

Israël n'accorde le statut de réfugié qu'au compte-gouttes, laissant l'immense majorité en marge de la société.

ATS