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"En quelque sorte, l'état de la paix qu'il aime, c'est l'état de la guerre de Vladimir Poutine", a déclaré Emmanuel Macron à propos de Jean-Luc Mélenchon (photo).

KEYSTONE/AP/CLAUDE PARIS

(sda-ats)

Emmanuel Macron, candidat d'En Marche! à la présidentielle française, et Yannick Jadot, soutien du socialiste Benoît Hamon, fustigent la ligne de Jean-Luc Mélenchon en politique étrangère. Ils dénoncent un message de "désarmement" face au terrorisme et de "reddition".

Le candidat de La France insoumise, porté depuis quelques jours par une dynamique dans les sondages qui l'ont placé à plusieurs reprises en troisième position en vue du premier tour, a prononcé dimanche à Marseille un discours en faveur "de la paix".

Rameau d'olivier à la boutonnière, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé devant plusieurs dizaines de milliers de personnes son intention de sortir la France du commandement intégré de l'Otan avant une sortie définitive à terme de l'Alliance atlantique.

L'eurodéputé a également promis, s'il est élu en mai, de ne pas faire participer la France à une alliance militaire hors opération de maintien de la paix de l'Onu.

Vision "romantique"

"Quand j'entends M. Mélenchon dire qu'il est le candidat de la paix... personne ne réalise que ce qu'il propose, c'est un désarmement français face au terrorisme", a réagi Emmanuel Macron dans une interview au Parisien publiée mercredi. "En quelque sorte, l'état de la paix qu'il aime, c'est l'état de la guerre de Vladimir Poutine", le président russe.

Sur BFM TV dimanche soir, l'ancien ministre de l'Economie avait déjà ironisé sur la vision "romantique" du cofondateur du Parti de Gauche, avec lequel il avait exprimé son "profond désaccord".

"On est tous favorable à la paix, mais la paix ça se construit et en l'occurrence, nous avons en Syrie une guerre à multiples facettes", avait-il dit.

Ligne de fracture

Une frappe américaine en Syrie en fin de semaine dernière, après une attaque au gaz imputée par les pays occidentaux au régime de Bachar al Assad, a fait ressurgir la ligne de fracture existant entre les différents candidats en matière de politique étrangère, notamment sur le dossier syrien.

Emmanuel Macron et Benoît Hamon ont tous les deux confirmé leur volonté de maintenir une ligne dure face au régime de Damas tandis que François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont exprimé pour leur part des doutes ou des réserves.

"Fascination" démentie

Le dirigeant de La France insoumise, "fasciné" selon ses détracteurs par Vladimir Poutine - ce qu'il dément -, a qualifié dimanche la frappe américaine "d'acte criminel et irresponsable" et "d'erreur immense".

Sur RTL mardi, il a estimé que le fait "que Bachar al Assad soit un criminel, tout le monde le sait, la discussion ne porte pas sur ce point", mais sur "comment arrêter la guerre et rendre la parole au peuple syrien".

"Discours de reddition"

Jean-Luc Mélenchon ne "parle même pas des bombardements chimiques de Bachar al Assad", a dénoncé mercredi sur France 2 Yannick Jadot, soutien de Benoît Hamon, qui a étrillé le programme de l'eurodéputé en matière de politique étrangère.

"Quand j'écoute le discours de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, il nous dit qu'il faut aller vers la sortie de la France de l'Union européenne. Si c'est ça il vaut mieux voter Asselineau", a estimé l'écologiste, candidat malheureux à la primaire organisée par le PS en janvier.

"Il nous dit que la géopolitique c'est être anti-américain (...), il dit il faut l'Europe de la France à l'Oural, il remet en cause les frontières européennes. Ce n'est pas un discours de paix qu'il a porté à Marseille, ça s'appelle un discours de reddition", a-t-il ajouté.

"Déconstruire l'Europe dangereux"

Quant à la sortie de la France de l'UE, envisagée par Jean-Luc Mélenchon en cas d'échec des négociations avec Bruxelles sur une refonte de l'UE, "c'est dangereux", a ajouté Yannick Jadot.

"Déconstruire l'Europe aujourd'hui quand on voit les guerres à nos frontières, quand on voit que Trump et Poutine sont climatosceptiques (...), c'est un discours dangereux et ça ne peut pas être le discours de la jeunesse".

ATS

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