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Des sénateurs en sont venus aux mains jeudi au Parlement japonais avant l'adoption en commission de nouvelles lois de défense. Elles autorisent l'envoi de militaires à l'étranger pour aider un allié en difficulté. C'est une première depuis la guerre.

La voie est désormais ouverte pour un vote en session plénière au Sénat, procédure qui entérinerait les textes et qui doit intervenir dans les heures ou jours à venir, malgré une opposition farouche. Jeudi à deux reprises, devant le premier ministre Shinzo Abe impassible, des membres de l'opposition et de la coalition au pouvoir ont encerclé le président d'une commission spéciale et se sont bousculés et empoignés vigoureusement.

Le parlementaire d'opposition Tetsuro Fukuyama a ensuite prononcé un discours enflammé expliquant pourquoi son parti avait déposé une motion pour tenter d'empêcher l'adoption de cette réinterprétation de la Constitution pacifiste du Japon. "Le parti au pouvoir écoute-t-il les voix du public ? Vous pouvez faire tout ce que vous voulez parce que vous avez la majorité. Est-ce bien cela que vous pensez ?", a-t-il lancé au bord des larmes.

La tension est montée d'heure en heure et l'adoption des textes en commission a été reportée à plusieurs reprises, les parlementaires bloquant les portes et encombrant les couloirs en signe de protestation.

Arrestations

Selon les médias japonais, 13 personnes ont été arrêtées mercredi soir "pour entrave à agent de police" pendant une manifestation qui a rassemblé quelque 13'000 personnes devant le Parlement. Ces dernières semaines, des milliers de Japonais ont défilé dans les rues presque quotidiennement, dans un pays où les manifestations sont rares.

Bien que la Constitution actuelle, qui empêche les soldats japonais de prendre part à des combats en dehors de l'auto-défense, ait été imposée par l'occupant américain, nombre de Japonais y sont attachés et estiment que tout changement remettrait en cause le caractère pacifiste de leur pays. Ils craignent que le Japon ne soit entraîné dans un conflit lointain aux côtés des Américains.

Mais selon le premier ministre Abe, une évolution des lois est nécessaire pour faire face à des menaces grandissantes venant de Chine et de Corée du Nord.

ATS