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La position de l'ancien conseiller fédéral Joseph Deiss dans l'affaire du gruyère américain d'Emmi a choqué les quelque 1500 membres de la Confrérie du Gruyère. Leur conseil a décidé cette semaine de le radier de leurs rangs.

"Nous sommes un peu déçus d'en être arrivés là, mais nous avons trouvé sa position totalement inadaptée", a dit jeudi à l'ats Philippe Bardet, lieutenant-gouverneur de la Confrérie et directeur de l'Interprofession du Gruyère, confirmant ainsi une information de "La Gruyère".

"Plus à notre table"

La Confrérie a "bien réfléchi" pour savoir si elle ne devait pas intervenir dans le débat et mener une "action plus pointue", a expliqué à l'ats le gouverneur de la Confrérie et préfet du district fribourgeois de la Veveyse Michel Chevalley.

Selon ce dernier, ses compagnons sont arrivés à la conclusion qu'il fallait laisser les questions de spécialistes aux spécialistes. "Nous ne souhaitions simplement plus le voir à notre table".

Chez Emmi

L'ex-conseiller fédéral avait été intronisé compagnon d'honneur alors qu'il était président du Grand Conseil fribourgeois en 1991. Peu après son départ du Conseil fédéral en 2006, il avait rejoint le conseil d'administration du groupe lucernois Emmi.

Lorsque le groupe a récemment annoncé sa volonté de construire une nouvelle fromagerie pour produire du grand-cru gruyère aux Etats-Unis, Joseph Deiss ne s'est pas distancé. Lorsqu'Emmi a fait marche arrière après le tollé provoqué, il n'a pas non plus exprimé de regrets, explique en substance M. Bardet.

Sentiment de trahison

Etre compagnon, même à titre honorifique, est un "honneur et un engagement personnel", a poursuivi le lieutenant-gouverneur de la Confrérie.

Mais "personne ne comprenait son attitude". "Nous nous sommes sentis trahis". D'autant plus que comme conseiller fédéral, il a été impliqué dans les négociations de l'OMC dans lesquelles la Suisse avait demandé pour les denrées alimentaires la même protection que pour les vins et les spiritueux, a encore expliqué M. Bardet.

ATS