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Le candidat autrichien Nathan Trent lors des répétitions en vue de la grande finale de samedi soir

KEYSTONE/EPA/SERGEY DOLZHENKO

(sda-ats)

Avec son lot de crooners de charme et de chanteuses peroxydées mais en l'absence remarquée de la Russie ostracisée, la finale de l'Eurovision promet paillettes et costumes kitsch ce samedi soir à Kiev. Et sur des millions d'écrans de TV à travers l'Europe.

Un énergique Italien affublé d'un faux gorille, un crooner portugais en attente d'une greffe de coeur ou encore un duo roumain alliant rap et chants tyroliens figurent parmi les 26 prétendants qui se produiront sur la scène du concours.

Un an après une victoire très politique de l'Ukraine devant la Russie, l'émission aux 200 millions de téléspectateurs, connue pour avoir révélé le groupe suédois ABBA, se tiendra de nouveau dans un contexte chargé. Elle est organisée dans un pays meurtri par plus de trois ans de guerre et sans la candidate russe Ioulia Samoïlova.

La jeune femme de 27 ans, qui se déplace en fauteuil roulant, a été interdite d'entrée par Kiev pour avoir chanté en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, conduisant au refus de la Russie de diffuser l'événement et à l'exclusion du pays.

Un autre candidat, le Bulgare Kristian Kostov, âgé de 17 ans, s'est aussi produit en Crimée après son rattachement à la Russie. La délégation bulgare à l'Eurovision a confirmé les faits mais a expliqué qu'il n'avait alors que 14 ans et que "l'accord de ses parents n'avait pas été demandé et qu'il n'était pas accompagné par eux", a annoncé la télévision publique BNT.

Italie et Portugal favoris

Avant le traditionnel et interminable décompte des voix, le spectacle sera ouvert par Israël avec le chanteur IMRI et clos par la France qui espère son premier succès depuis 1977 avec Alma, 28 ans.

L'attention se portera en particulier sur le favori des bookmakers, Francesco Gabbani, voix éraillée et moustache rétro, qui a conquis l'Italie avec son entraînant "Occidentali's karma". Le chanteur de 34 ans interprète la chanson avec un danseur costumé en gorille.

Autre candidat à surveiller: Salvador Sobral. Encore inconnu il y a quelque semaines, l'artiste portugais de 27 ans, qui souffre d'une sévère insuffisance cardiaque, a conquis le public avec son mélancolique morceau jazzy "Amar Pelos Dois" (Aimer pour deux).

Irritation à Moscou

Conçu comme un ferment d'unité européenne, le concours de l'Eurovision disputé pour la première fois en Suisse en 1956, en pleine Guerre froide, est devenu une chambre d'écho des rivalités nationales.

L'an dernier, Jamala avait ramené le concours européen en Ukraine, déjà pays hôte en 2005. Elle était arrivée première avec une ballade évoquant les persécutions subies à l'époque soviétique par les Tatars de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014.

Cette victoire avait irrité la Russie, d'autant plus que son candidat partait favori et était arrivé premier du vote des téléspectateurs. Pénalisé par le vote des jurys professionnels, le candidat russe avait fini troisième.

Montrer un autre visage

Pour l'Ukraine qui a pris il y a trois ans un virage pro-occidental, cette édition constitue une chance de montrer un autre visage au moment où les forces de Kiev combattent des séparatistes prorusses dans l'est du pays dans un conflit qui a déjà fait plus de 10'000 morts.

La capitale ukrainienne a déployé d'importants moyens pour accueillir les visiteurs étrangers dans une atmosphère de fête. L'avenue Khrechtchatik, principale artère du centre ville, accueille une vaste zone réservée aux fans. Des mesures de sécurité importantes ont été appliquées, la police patrouillant avec des armes semi-automatiques.

"Nous faisons des efforts pour nous rapprocher de l'Europe, nous nous réformons en permanence. Ce n'est pas juste un concours de chanson mais une occasion de montrer ce que nous sommes capables de faire", explique Irina, une jeune Ukrainienne de 20 ans, après avoir pris un selfie devant un logo de l'Eurovision.

ATS

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