Toute l'actu en bref

François Fillon a visiblement goûté le soutien d'un public acquis samedi à Aubervilliers.

KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

(sda-ats)

François Fillon a exhorté samedi ses partisans à ne pas se laisser intimider, passant outre les défections en série dans son camp. Mais en coulisses, les tractations pour le contraindre à renoncer s'accéléraient, à la veille d'un grand rassemblement à Paris.

"Cette campagne est un étrange combat", a reconnu M. Fillon, les trait tirés, lors d'une réunion publique samedi après-midi à Aubervilliers, près de Paris. "On veut vous intimider. N'abdiquez pas, ne renoncez jamais", a-t-il lancé.

L'équipe de campagne attendait 2500 personnes, un peu moins de 1500 s'étaient mobilisées, issues de comités locaux de la société civile, créés pour soutenir sa candidature. Pour tromper une "étrange" pesanteur, des militants ont entonné "Joyeux anniversaire François!" lorsque François Fillon est monté à la tribune. "J'en ai connu des meilleurs et j'en connaîtrai des meilleurs", a lancé avec un pâle sourire le député de Paris, qui fêtait ses 63 ans.

Baroud d'honneur?

Les rares élus restés fidèles à M. Fillon étaient présents: Eric Ciotti, Luc Chatel, Hervé Novelli, Jérôme Chartier, Isabelle Le Callennec, Valérie Boyer, Antoine Gosset-Grainville (son ex-conseiller à Matignon), les entrepreneurs Henri de Castrie, ex-PDG d'Axa, et Charles Beigbeder.

Mais les défections s'enchaînent depuis l'annonce mercredi par le candidat de sa probable inculpation le 15 mars. Après son porte-parole, c'est son directeur de campagne qui a jeté l'éponge. Patrick Stefanini quittera ses fonctions dimanche soir, à l'issue d'un rassemblement de soutien convoqué Place du Trocadéro, en plein coeur de Paris, non loin de la Tour Eiffel.

Meeting du sursaut ou baroud d'honneur: tous les yeux sont désormais tournés vers cette manifestation, dont le degré de réussite permettra de mesurer le soutien populaire dont dispose encore M. Fillon. Les organisateurs espèrent au moins 45'000 fidèles du candidat.

Perquisition au manoir des Fillon

Mais l'annonce, durant son discours, de la convocation dès lundi du comité politique des Républicains, réunion prévue initialement mardi, a jeté une ombre de mauvais augure sur la suite des événements. Coupé en deux, le parti veut "évaluer la situation".

Et la procédure judiciaire suit son cours dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs concernant l'épouse du candidat et deux de ses enfants: une perquisition a été menée vendredi dans le manoir de François et Penelope Fillon dans la Sarthe, a-t-on appris samedi de source proche du dossier. Les enquêteurs avaient déjà perquisitionné jeudi au domicile du couple à Paris.

ATS

 Toute l'actu en bref