Toute l'actu en bref

Les militants de la République en marche ont laissé exploser leur joie à l'annonce des premiers résultats.

KEYSTONE/AP/THIBAULT CAMUS

(sda-ats)

Le parti du président français Emmanuel Macron se dirige vers une victoire écrasante aux législatives après le premier tour dimanche. Ce scrutin a été marqué par une débâcle historique du PS, un net revers pour la droite et le FN et une abstention record.

Selon les premières estimations des sondeurs, la République En Marche (REM) et son allié du MoDem raviraient dimanche prochain entre 400 et 455 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, culminant très nettement au-dessus de la majorité absolue (289 élus).

"Malgré l'abstention, le message des Français est sans ambiguïté", a estimé le Premier ministre Edouard Philippe. "Pour la troisième fois consécutive, vous avez été des millions à confirmer votre attachement au projet de renouvellement, de rassemblement et de reconquête du président de la République".

Ministres bien placés

Les six ministres qui jouaient leur maroquin se sont qualifiés pour le second tour et cinq sont en ballottage favorable: Bruno Le Maire (Economie), Richard Ferrand (Cohésion), Marielle de Sarnez (Affaires européennes), Christophe Castaner (porte-parole du gouvernement) et Mounir Mahjoubi (Numérique). Annick Girardin (Outre-Mer), elle, est arrivée ex-aequo avec son rival à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Après dépouillement des votes correspondant à 92% des inscrits, l'alliance REM/MoDem obtient 31,98% des voix, devant le bloc LR/UDI/Divers droite (21,67%), le Front national (13,76%), la France insoumise/PCF (13,58%) et le PS et ses alliés (9,52%).

Ces résultats sont "le signe d'une réelle adhésion aux réformes que nous avons commencé à mettre en oeuvre", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Pour Christophe Castaner, "les Français, ce soir, par leur vote, ont montré massivement leur volonté d'aller vite sur les sujets majeurs". "Rien n'est joué, il faut rester mobilisé", a toutefois tempéré le porte-parole du gouvernement, alors que l'Elysée ne fera pas "de commentaire".

Effondrement du PS

Le PS, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C'est un "recul sans précédent de la gauche", a reconnu son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de "l'unanimisme" au Parlement.

Le patron du PS, éliminé à Paris, fait partie du cortège des battus, avec les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti ou Elisabeth Guigou... Le candidat du PS à la présidentielle Benoît Hamon a lui aussi été éliminé dès le premier tour, tout comme les anciennes ministres écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

En revanche, l'ex-Premier ministre Manuel Valls a annoncé être "nettement en tête" dans l'Essonne. Son successeur à Matignon Bernard Cazeneuve a appelé à "rebâtir la gauche de gouvernement".

La droite appelle au sursaut

La droite, qui espérait priver M. Macron de majorité, terminerait avec 70 à 130 élus Les Républicains (LR) et UDI. Dont une partie devrait soutenir la majorité présidentielle. Un score "décevant pour notre famille politique", a convenu l'ex-président de l'Assemblée Bernard Accoyer.

Chef de la campagne LR-UDI, François Baroin a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".

Déception du FN

Quant au FN, il obtiendrait seulement un à dix sièges, contre deux lors de la précédente législature. Avec un score de 13 à 14% très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,30%). C'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Mme Le Pen, en tête avec 46% des voix dans le Pas-de-Calais, a centré sa riposte sur le "taux d'abstention catastrophique" qui "pose la question du mode de scrutin" majoritaire.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait, elle, dix à 23 fauteuils, PCF inclus. Mais "la division des forces de gauche se paie très cher", regrette le dirigeant communiste Pierre Laurent, critiquant le refus d'alliance de M. Mélenchon, qui avait réuni plus de 19% des voix au 1er tour de la présidentielle.

"L'immensité de l'abstention montre qu'il n'y a pas de majorité pour détruire le Code du travail", a jugé M. Mélenchon qui, contrairement à la présidentielle, a immédiatement appelé ses électeurs à "ne jamais permettre l'élection d'un candidat Front national".

Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, l'abstention aux législatives dépasserait la barre des 50% au premier tour.

ATS

 Toute l'actu en bref