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Les scientifiques ont étudié la présence des insectes pollinisateurs nocturnes sur différents sites dans les Préalpes bernoises, avec et sans éclairage artificiel.

UniBE/Maurin Hörler

(sda-ats)

La lumière artificielle perturbe la pollinisation des plantes par les insectes nocturnes. Le déficit peut atteindre près des deux tiers, selon une étude de chercheurs bernois publiée dans la revue Nature.

Les pollinisateurs diurnes comme les abeilles sont menacés au niveau planétaire par des maladies, parasites importés, pesticides ou encore par la perte de leurs habitats. Les insectes nocturnes eux sont gênés dans leurs activités par la pollution lumineuse, comme le montre cette nouvelle étude.

L'équipe d'Eva Knop, de l'Institut d'écologie et d'évolution de l'Université de Berne, s'est penchée sur cet aspect jusqu'ici négligé de cette problématique. On estime que les émissions de lumière artificielle ont augmenté jusqu'à 70% ces vingt dernières années, en particulier dans les zones résidentielles.

Les scientifiques ont mené diverses expériences dans les Préalpes bernoises, région encore relativement épargnée par le phénomène. Ils ont pu observer que sur des surfaces naturelles non éclairées, près de 300 espèces d'insectes pollinisent les fleurs d'une soixantaine d'espèces végétales.

Baisse de 62%

Ayant installé les lampes LED similaires à celles utilisées couramment dans l'éclairage public sur sept surfaces, les chercheurs y ont constaté une baisse de 62% des visites de pollinisateurs nocturnes, écrit l'Université de Berne mercredi dans un communiqué.

Ils ont pu ensuite vérifier à l'exemple du cirse maraîcher (Cirsium oleraceum) que le recul du nombre de pollinisateurs induit une réduction de la formation de graines. Cette plante constitue une source de pollen et de nectar riche et facilement accessible pour de nombreux insectes diurnes et nocturnes.

L'équipe a examiné une centaine de cirses maraîchers sur cinq surfaces avec éclairage artificiel et cinq autres sans lumière. A la fin de la phase de test, le nombre moyen de fruits par plante était de 13% plus faible sur les secondes.

Cela montre que la pollinisation diurne ne compense pas les pertes nocturnes, note Mme Knop, citée dans le communiqué. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer un probable impact négatif indirect du déficit nocturne sur l'activité diurne, de même que les conséquences à long terme sur la biodiversité.

"Des mesures doivent être étudiées de toute urgence afin de réduire les effets sur l'environnement des émissions lumineuses qui croissent année après année", conclut la chercheuse.

ATS