L'économie japonaise a retrouvé un peu de vigueur au quatrième trimestre 2018, après les désastres naturels estivaux. Maisle rebond reste modeste et l'archipel vulnérable au ralentissement conjoncturel mondial.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 0,3% sur la période d'octobre à décembre par rapport aux trois mois précédents, selon les données préliminaires publiées jeudi par le gouvernement.

La consommation des ménages, tout comme les investissements non-résidentiels des entreprises, se sont redressés, "montrant une franche réaction après le recul enregistré de juillet à septembre", a commenté auprès de l'AFP Yoshiki Shinke, de l'institut de recherche Dai-ichi Life.

Mais dans le même temps, le commerce extérieur a freiné la croissance, les exportations n'augmentant pas autant que les importations.

Demande chinoise en repli

"Cela reflète l'essoufflement de la demande, en particulier de Chine et d'Asie du sud-est", a souligné l'analyste, appelant à surveiller "l'impact négatif du conflit commercial sino-américain, qui pourrait devenir manifeste".

Le Japon expédie vers la Chine, un de ses premiers partenaires, des composants électroniques et équipements industriels dont les quantités dépendent de l'activité des fabricants chinois, directement heurtés par les tensions avec Washington.

Si bien que tout dépendra de l'issue des discussions en cours entre les négociateurs des deux camps. L'échéance fixée par le président américain Donald Trump se rapproche et faute d'accord, les Etats-Unis imposeront le 1er mars à la Chine de nouvelles taxes douanières punitives.

Le redressement annoncé jeudi survient après une contraction de 0,7% au troisième trimestre. Les dépenses d'investissements des sociétés avaient alors fortement diminué en raison d'une série de typhons qui avaient interrompu la chaîne logistique et d'un séisme qui avait provoqué une coupure générale de courant dans l'île septentrionale de Hokkaido, perturbant l'activité bien au-delà de cette région.

Croissance annuelle médiocre

Sur l'ensemble de 2018, le PIB nippon s'est élevé de 0,7%, marquant le pas après un cru 2017 plus dynamique (+1,9%). "C'est une performance médiocre", tacle Capital Economics, ce après deux ans de croissance, une phase d'expansion inédite depuis la fin des années 1980, au temps de la bulle immobilière et financière.

Depuis six ans, le Premier ministre conservateur Shinzo Abe s'évertue à donner une nouvelle impulsion à une économie poussive, via sa stratégie "abenomics" combinant massifs plans de relance budgétaire, ambitieuse politique d'assouplissement monétaire et réformes structurelles.

Mais les résultats n'ont pas été à la hauteur, tant du côté de l'inflation, qui ne décolle pas, que de la croissance, qui reste modeste, dans un contexte de déclin démographique et de frilosité des ménages.

M. Abe vante le faible taux de chômage et des salaires qui commencent à augmenter, mais, outre que cela résulte d'une précarisation de l'emploi et d'une pénurie de main-d'oeuvre dans plusieurs secteurs, un embarrassant scandale de statistiques erronées met en doute ces avancées.

"Cette affaire ruine toute crédibilité du gouvernement japonais", estime Kohei Iwahara, analyste de Natixis Japan Securities. "Ce n'est pas qu'une histoire abstraite de données, le public s'inquiète car des citoyens ont reçu moins d'argent que ce qu'ils auraient dû" du fait de ces erreurs.

"Pire qu'en 2014"

Les ménages redoutent en outre le relèvement attendu de la taxe sur la consommation, qui doit passer en octobre à 10% contre 8% actuellement afin d'enrayer l'envolée de la colossale dette publique.

Les autorités ont certes annoncé une panoplie de dispositions pour tenter d'atténuer l'impact de cette hausse d'impôts sur les foyers à bas revenus, mais M. Iwahara n'est pas très optimiste.

"Ce sera pire qu'en 2014", quand une précédente hausse de TVA, de 5% à 8%, avait plongé l'économie en récession, prédit-il. "A l'époque, il y avait un sentiment d'excitation autour des abenomics, l'assouplissement monétaire portait ses fruits. Aujourd'hui, cet enthousiasme s'est définitivement dissipé".

Le Japon peut en revanche compter sur la manne touristique, un des principaux moteurs de croissance ces dernières années. Plus de 31 millions de voyageurs ont afflué l'an dernier, un record pour l'archipel qui veut aller encore plus loin.

Plusieurs événements de grande envergure se profilent, le Mondial de rugby dans quelques mois et les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo en 2020, plaçant l'objectif de 40 millions de visiteurs à portée de main.

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